Et si les montres connectées de demain étaient alimentées par notre sueur ?

TRANSPIRATION Grâce au lactate contenu dans la transpiration, il serait possible d’alimenter des biopiles

Jennifer Mertens pour 20 Minutes

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Une batterie alimentée par la transpiration
Une batterie alimentée par la transpiration — Geeko

Une équipe de chercheurs de l’Université des sciences de Tokyo explore la possibilité d’utiliser la transpiration pour alimenter les batteries des montres connectées. Étant donné que ces objets connectés sont en permanence en contact avec notre peau et qu’ils sont très sollicités durant une séance de sport, par exemple, exploiter la transpiration pour recharger leur batterie serait une solution particulièrement intéressante.

Dans leur dernière étude, publiée dans la revue Journal of Power Sources, les chercheurs expliquent comment la transpiration pourrait bel et bien être utilisée comme biocarburant. Le fait est que la sueur contient un élément chimique qui pourrait générer de l’énergie : le lactate.

Pour exploiter l’acide lactique contenu dans la transpiration, les scientifiques ont mis au point une sorte de bandage en papier hydrofuge sur lequel sont disposées plusieurs biopiles. Ces dernières contiennent une enzyme au niveau de leur électrode qui réagit chimiquement lorsqu’elle entre en contact avec le lactate contenu dans la sueur. Cela provoque un courant électrique qui est récupéré par un collecteur fabriqué à partir d’une pâte de carbone conductrice.

Une véritable avancée

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent d’utiliser le lactate contenu dans la transpiration comme un biocarburant pour alimenter une biopile, comme le souligne Techxplore. Cependant, la conception des chercheurs de l’Université de Tokyo se démarque tout de même. Le dispositif mis au point par ces derniers – le bandage hydrofuge – se prête bien à une production de masse rentable. La conception de ce dernier est particulièrement bien pensée et pallie les défauts des précédents dispositifs exploitant le lactate de la sueur. De plus, le « rendement de la conception proposée est plus élevé que ceux des piles à biocarburant lactate précédemment rapportées », peut-on lire dans le rapport des chercheurs.

Les scientifiques à l’origine de l’étude sont en tout cas parvenus à alimenter différents objets portables connectés pendant un certain temps grâce à leur dispositif d’alimentation. « Dans nos expériences, nos biopiles à base de papier pourraient générer une tension de 3,66 V et une puissance de sortie de 4,3 mW », a souligné l’un des chercheurs, Dr Shitanda.

Le concept doit encore être perfectionné, mais à terme, il se pourrait bien que notre transpiration puisse alimenter les biocellules de divers objets connectés. Évidemment, cela demandera un peu d’efforts de la part des utilisateurs pour sécréter la quantité de sueur nécessaire.