Total lance en France sa production de biocarburants d’aviation durables

BIORAFFINERIE Selon le géant pétrolier et gazier, ces biocarburants « seront destinés aux aéroports français dès le mois d’avril »

20 Minutes avec AFP

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La bioraffinerie Total de La Mède, le 29 octobre 2019.
La bioraffinerie Total de La Mède, le 29 octobre 2019. — AFP

C’est un processus qui va contribuer à réduire les émissions de carbone du secteur aérien. Total a annoncé ce jeudi avoir entamé la production en France de biocarburants d’aviation durables (SAF), en ayant recours à des huiles de cuisson usagées. Le géant pétrolier et gazier pétrolier utilisera pour cela la bioraffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône et le site d’Oudalle en Seine-Maritime.

Ces biocarburants aériens « seront destinés aux aéroports français dès le mois d’avril », ajoute Total, sans toutefois préciser lesquels. Le groupe doit par ailleurs produire à partir de 2024 170.000 tonnes de SAF sur son site de Grandpuits, en région parisienne, où il investit 500 millions d’euros, dont 200 millions pour les seuls biocarburants d’aviation. « L’ensemble de ces biocarburants aériens durables seront produits à partir de déchets et résidus, issus de l’économie circulaire (graisses animales, huiles de cuisson usagées…). Total n’aura pas recours à des huiles végétales », promet par ailleurs l’entreprise.

Un coût prohibitif

Le transport aérien s’est fixé pour objectif de réduire d’ici à 2050 ses émissions de CO2 de 50 % par rapport à leur niveau de 2005. La moitié des gains attendus dépend de l’utilisation de carburants d’aviation durables. Les SAF peuvent actuellement être mélangés à 50 % avec le kérosène d’aviation et l’industrie aéronautique vise 100 % d’ici à la fin de la décennie.

Leur coût pour l’instant prohibitif empêche leur décollage. Ils représentaient en 2019 moins de 0,1 % des 360 milliards de litres de carburant utilisés par l’aviation. La feuille de route du gouvernement français prévoit de monter à 1 % en 2022, 2 % en 2025 et 5 % en 2030.