Botnet, Column… Ces réseaux sociaux qui ressemblent à des blagues mais n'en sont pas

APPLICATIONS Alors que Facebook et Twitter font partie des réseaux sociaux les plus populaires, des alternatives continuent d’émerger. « 20 Minutes » se penche sur les particularités de certaines d’entre elles, parmi les plus insolites

Kesso Diallo

— 

Un homme utilise une appli sur son smartphone.
Un homme utilise une appli sur son smartphone. — Clément Follain / 20 Minutes
  • Au cours de la dernière décennie, plusieurs réseaux sociaux alternatifs ont été développés, dont certains existent encore aujourd’hui
  • Cette tendance continue en 2020, avec l’arrivée d’applications pour interagir avec des bots ou rendre les utilisateurs «plus intelligents»

Un réseau social où toute l’attention est portée sur vous. Lancé cette semaine sur l’App Store, le magasin d’applications d’Apple, Botnet propose un monde où l’utilisateur est le seul humain connecté et où il peut converser avec un million de bots [de robots logiciels] obsédés par lui. Ils « likent » ses publications et les commentent avec des mots et des émojis comme de véritables personnes. Pour parvenir à cela, l’algorithme utilisé par Botnet a été entraîné avec des millions de commentaires sur Internet. Le créateur de l’application, Billy Chasen a expliqué au site Mashable avoir voulu utiliser les bots de façon bienveillante, étant donné que ceux-ci sont souvent utilisés à des fins malveillantes.

Cependant, bien que Botnet soit gratuit, l’utilisateur masochiste peut payer un dollar afin d’avoir des « troll bots » qui vont polluer ses publications avec des commentaires provocateurs ou des « dad bots » qui feront des « blagues de papas ». Pour le même prix, il est également possible d’obtenir deux fois plus de « likes » et de commentaires sur les publications.

Botnet n’est pas le seul « faux » réseau social sur le marché. En 2017, le développeur Dan Kurtz a créé Binky, une application avec un flux infini de contenus aléatoires totalement fictifs appelés « binks ». Les utilisateurs peuvent les aimer, les commenter et les partager sans aucune conséquence. De plus, ce ne sont pas eux qui rédigent les commentaires car ces derniers s’auto-génèrent : appuyer sur une touche du clavier fait apparaître un mot ou un emoji.

« Contrairement à Facebook, Twitter ou Instagram, Binky ne vous fera pas stresser ou haïr vos amis. C’est juste un moyen de concentrer votre attention là où elle doit se trouver : sur votre téléphone », a expliqué à l’hebdo The Atlantic le créateur du réseau social. Il critique le fait que les réseaux sociaux génèrent du stress, de la colère ou de la tristesse lorsque les individus s’y connectent alors qu’ils veulent uniquement interagir avec leur téléphone.

Un réseau social très sélect

Il est toujours en développement, mais il fait déjà parler de lui. Column est destiné aux personnes riches et célèbres. Selon le magazine américain MIT Technology Review, il faudra débourser 100.000 dollars pour s’y inscrire. Créé par un petit groupe de personnalités de la Silicon Valley, ce projet mise sur le partage d’une information « de haute qualité » en ciblant uniquement des entrepreneurs à succès ou des célébrités. Cela permettra de rendre les utilisateurs « plus intelligents ». Le bouton « like » serait ainsi remplacé par un bouton « vérité » permettant aux utilisateurs d’approuver une publication qu’ils jugent fiable.

La publicité serait également absente du modèle économique de Column – un autre moyen de se distinguer des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Pour le moment, ce réseau social ne propose qu’un formulaire de préinscription sur son site Internet, mais il pourrait voir le jour en avril. La plateforme aurait pris contact avec plusieurs personnalités comme Leonardo DiCaprio, le fondateur de Tesla Elon Musk, le rappeur Chance ou encore Laurene Powell Jobs, la philanthrope et veuve de Steve Jobs.

« Yo »

Lancé le jour du poisson d’avril en 2014, Yo peut être considéré comme une blague, mais ce n’est pas le cas. Ce réseau social, qui existe encore aujourd’hui, a été conçu pour ne faire qu’une chose : envoyer des « Yo » à ses contacts, si ces derniers ont aussi installé l’application sur leur smartphone.

Elle a été créée par le développeur Or Abel à la demande de Moshe Hogeg, alors PDG du service de partage de photos et de vidéos Mobli. Ce dernier, frustré d’envoyer plusieurs messages pour attirer l’attention de son assistant, lui a demandé de concevoir une application avec un bouton permettant de lui envoyer une notification. D’autres fonctionnalités ont été ajoutées à l’application comme la possibilité d’inclure des hashtags et d’envoyer des liens dans les notifications ou encore de créer des groupes de discussion.

Yo a été une source d’inspiration pour un autre réseau social : Emojli. Créé par Matt Gray et Tom Scott en 2014, sa particularité était que la communication se faisait uniquement par le biais d’émojis. Les noms d’utilisateur étaient eux-mêmes composés d’émojis. L’application n’existe plus aujourd’hui, elle a été fermée en 2015.