« Fake news », « deep fake »… Twitter va retirer ou étiqueter les contenus « falsifiés » et « nocifs »

RESEAUX SOCIAUX A partir du mois de mars, les tweets tombant dans ces catégories seront retirés ou étiquetés avec un avertissement

H. B. avec AFP

— 

Illustration de Twitter.
Illustration de Twitter. — Geeko

Dans la foulée des autres réseaux sociaux, Twitter se lance à son tour dans la lutte contre les photos et vidéos « falsifiées ». La plateforme entend se concentrer sur les contenus modifiés (montages vidéos ou audios, images éditées) qui visent à tromper le public ou risquent de nuire à des personnes, notamment en incitant à la violence ou en portant atteinte à leur liberté d'expression.

Les tweets tombant dans ces catégories seront retirés ou étiquetés avec un avertissement à partir du mois de mars. Le réseau pourra aussi réduire la visibilité des messages ou ajouter du contexte.

Les truquages, audio ou vidéo, principalement ciblés

« Cette nouvelle règle s’ajoute aux nombreuses autres règles existantes » pour réguler Twitter, rappelle Yoel Roth, responsable de l’intégrité de la plateforme. « Nous empêchons par exemple depuis des années la propagation des images et vidéos de contenus sexuels fabriqués ou falsifiés, très répandus sur Internet ». Le réseau social cible ainsi les truquages, notamment audios ou vidéos, mais ne s’attaque pas directement aux messages écrits fallacieux, alors qu’il a par ailleurs interdit les publicités à caractère politique.

Un montage vidéo, comme celui qui prêtait au candidat démocrate Joe Biden des propos racistes en début d’année, ne devrait plus avoir droit de cité sur Twitter. L’un des tweets de partage de cette vidéo avait été vu plus d’un million de fois.

Pression des autorités européennes et américaines

YouTube, la plateforme vidéo de Google​, a annoncé cette semaine des mesures similaires sur les « contenus manipulés ou falsifiés », « dans le but de tromper les utilisateurs » et « qui posent un risque flagrant de dommages ».

La plupart des grands réseaux sociaux ont mis en place des mesures combinant intelligence artificielle et ressources humaines pour lutter contre la désinformation, des fausses nouvelles aux «deep fakes» (des photos ou vidéos truquées hyper réalistes). Ils réagissent notamment à la pression des autorités européennes et américaines, alors que des campagnes de manipulation menées notamment sur Facebook en 2016 ont tenté d’influencer l’opinion lors de scrutins majeurs, comme l’élection présidentielle aux Etats-Unis ou le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.