Pornographie : Facebook, Snapchat, YouTube (et Marc Dorcel)... Comment les acteurs du Net veulent limiter l'exposition des mineurs au porno

REGULATION Des fournisseurs d’accès à Internet, moteurs de recherche et opérateurs de téléphonie mobile ont signé une « charte » anti-pornographie pour limiter l’exposition des mineurs à ces contenus

H. B. avec AFP

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Addiction au porno illustration
Addiction au porno illustration — SIPANY/SIPA

Fournisseurs d’accès à Internet, équipementiers, réseaux sociaux et moteurs de recherche… L’Etat appelle les acteurs du Net à s’engager pour prévenir l’exposition des mineurs aux contenus pornographiques. Les professionnels d’Internet ont été invités vendredi à signer un protocole rédigé par les secrétaires d’Etat chargés de la protection de l’enfance Adrien Taquet et du numérique Cédric O.

En novembre lors d’un discours à l’Unesco, le président Emmanuel Macron avait donné six mois aux « acteurs de l’Internet » pour « mettre en place un contrôle parental par défaut » et avait réclamé que les sites pornographiques contrôlent l’âge de leurs visiteurs. « Si dans six mois nous n’avons pas de solution, nous passerons une loi pour le contrôle parental automatique », avait dit le chef de l’Etat.

Un outil gratuit ou des « solutions intégrées » activables par les parents

Selon ce protocole, tous les signataires devront proposer au moins un outil gratuit ou des « solutions intégrées », activables par les parents, pour protéger les mineurs contre toute exposition à des contenus pornographiques.

Les moteurs de recherche auront pour leur part à « interdire les liens sponsorisés à destination d’utilisateurs mineurs pour des contenus à caractère pornographique ». Les hébergeurs et réseaux sociaux devront quant à eux proscrire les contenus à caractère pornographique dans leurs règles d’utilisation.

Facebook, Snapchat, YouTube…

Pour les plateformes les plus connues, ces règles existent déjà. Facebook, qui a confirmé être signataire, a indiqué que ses règles interdisent les scènes de nudité et d’activité sexuelles, pour les majeurs comme pour les mineurs. Google et sa plateforme de vidéos Youtube ont également déclaré avoir signé, ainsi que l’application mobile Snapchat et le moteur de recherche français Qwant.

Samsung et le chinois Huawei ont aussi confirmé être « partie prenante du protocole » en tant qu’équipementier, producteur de contenus et éditeur logiciel. Dans un communiqué, Orange a également affirmé avoir signé le protocole « au côté des autres opérateurs mobiles » tout en précisant que « l’objectif (…) ne peut toutefois être atteint que si l’ensemble des acteurs de l’Internet se mobilisent sur ce sujet ». Même constat du côté de la Fédération française des télécoms (FFT), également signataire.

« Il y a des insuffisances, notamment l’absence criante des plateformes de contenus pornographiques »

En revanche, beaucoup s’interrogent sur la position des plateformes pornographiques, principales portes d’entrée vers ces contenus en ligne. Seule la société de production de films pornographiques Marc Dorcel a signé ce « protocole d’engagements pour la prévention de l’exposition des mineurs aux contenus pornographiques en ligne ». « Cette charte est un point d’étape » vers l’engagement du président de la République, a déclaré Justine Altan, directrice générale de l’association e-Enfance. « Il y a des insuffisances, notamment l’absence criante » des plateformes de contenus pornographiques, a-t-elle remarqué.

Le protocole prévoit un comité de suivi qui se réunira au moins une fois par trimestre, ainsi que l’élaboration d’un « baromètre permettant de mesurer le niveau d’utilisation des mécanismes de contrôle parental. » Le gouvernement a expliqué vouloir attendre d’avoir réuni toutes les signatures avant de communiquer davantage.