Porno, drogues, jeux vidéo: L'enquête alarmante sur les addictions chez les jeunes

ETUDE Un jeune Français sur cinq regarde de la pornographie au moins une fois par semaine selon une récente enquête réalisée par Ipsos…

20 Minutes avec agences

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Un jeune sur cinq regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, notamment sur leurs smartphones.
Un jeune sur cinq regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, notamment sur leurs smartphones. — Pixabay

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, porno, jeux vidéo et utilisation des écrans : les niveaux de consommation sont « inquiétants » parmi les jeunes de 14 à 24 ans, selon une vaste enquête sur les addictions, conduite auprès d’un millier d’entre eux, publiée vendredi dans Le Parisien.

Le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel-Péri (de gauche) et la Fondation pour l’innovation politique (libérale) sont commanditaires de cette enquête, réalisée par Ipsos. Des parents et un échantillon représentatif de la population adulte ont également été interrogés. Les résultats sont publiés alors que le Plan national de mobilisation contre les addictions du gouvernement est attendu.

Les parents « demandeurs de solutions »

Quelque 340.000 (3 %) jeunes de 14-17 ans auraient ainsi déjà consommé de la cocaïne, de l’ecstasy ou du GHB, et 255.000 (5 %) 18-24 ans en consommeraient toutes les semaines.

« Les parents sous-évaluent les consommations de leurs enfants en matière d’alcool, de tabac, de jeux d’argent et de pornographie » mais « ils sont demandeurs de solutions (contrôle d’identité, identification bancaire…) », remarque le président du Fonds Actions Addictions, Michel Reynaud. Aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, tout d’abord en faisant appliquer la loi sur l’interdiction de vente d’alcool et de tabac aux mineurs, estime-t-il.

Un jeune sur cinq regarde de la pornographie chaque semaine

L'addiction au porno est également soulignée. Un jeune sur cinq (dont 15 % des 14-17 ans) regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, 9 % une fois par jour et 5 % plusieurs fois par jour. 91 % d’entre eux considèrent qu’il est facile d'avoir accès au porno.

« Cela a des conséquences sur le développement des jeunes les plus vulnérables et les moins structurés psychologiquement », avec un « rapport peu adapté à la sexualité » et une « addiction », note le spécialiste.

Dix heures par jour devant un écran pour certains

Plus d’un jeune sur dix (13 % des 14-24 ans) joue au moins une fois par semaine à un jeu d’argent. Et les jeunes des milieux défavorisés en sont les premiers consommateurs.

Un quart des 18-22 ans passent plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 10 % plus de huit heures. Un sur six s’adonne plus de cinq heures par jour aux jeux vidéo et 7 % plus de huit heures. Certains jeunes dépassent ainsi dix heures quotidiennes devant un écran.

Le remboursement à 100 % des soins anti-addictions

La majorité des jeunes a toutefois une bonne perception des risques liés aux produits et à l’abus d’écrans : dépendance, maladies graves, accidents de la route, échec scolaire, dépression​, suicide etc.

Les campagnes publiques d’information sont vues comme peu efficaces. Grand public, parents et jeunes souhaitent quasi unanimement le remboursement à 100 % de tous les soins anti-addictions, relève Michel Reynaud.

Les trois fondations commanditaires de l’enquête militent en ce sens, appelant à des mesures concrètes pour une meilleure protection des jeunes, et plus spécialement des mineurs.

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