Richard Stallman a démissionné de ses fonctions de président de la Free Software Foundation le 16 septembre 20019.
Richard Stallman a démissionné de ses fonctions de président de la Free Software Foundation le 16 septembre 20019. — Javier Galeano/AP/SIPA

INFORMATIQUE

Le pionnier du logiciel libre Richard Stallman démissionne après ses propos sur l’affaire Epstein

Il quitte ses fonctions au MIT et à la Free Software Foundation après avoir affirmé dans une série d’emails que les victimes du financier défunt étaient sans doute « consentantes »

C’est l’une des barbes les plus célèbres du monde de l’informatique. Le grand prêtre du logiciel libre Richard Stallman est, selon le terme en vigueur aux Etats-Unis, officiellement « cancelled » (annulé/fini). Stallman a démissionné de ses fonctions au MIT et à la Free Software Foundation, lundi, après avoir affirmé dans des emails que les victimes d’Epstein étaient, « selon le scénario le plus plausible, complètement consentantes ».

« Je démissionne de mes fonctions au [laboratoire informatique] CSAIL du MIT à cause des pressions exercées sur moi et sur le MIT », a écrit le créateur du système d’exploitation libre GNU. Il assure que ses propos ont été « déformés » et « mal compris ».

Les victimes d’Epstein « consentantes »

Ses propos, dans une série d’emails internes publiés par Vice, sont pourtant très clairs. Stallman s’exprimait à propos de l’affaire Epstein, qui a éclaboussé le MIT, notamment car le laboratoire a reçu des millions de dollars de Jeffrey Epstein, et qu’une victime du financier défunt assure avoir été « forcée » à avoir des relations sexuelles avec Marvin Minsky, pionnier de l’intelligence artificielle au célèbre établissement américain.

« Le scénario le plus plausible », écrit Stallman, c’est que les victimes mineures d’Epstein étaient « entièrement consentantes ». Il débat ensuite de la définition d’un « viol » et d’une « agression sexuelle », estimant qu’il est « absurde » de « définir un viol par des détails » comme l’âge d’une victime « selon qu’elle a 17 ou 18 ans ».

L’affaire continue de secouer le MIT. Joi Ito, du Media Lab, a été poussé à la démission après avoir reconnu qu’il avait minimisé une partie du soutien financier que lui apportait Jeffrey Epstein. Et de nombreuses voix réclament la tête du président de l’établissement Rafael Reif, qui a reconnu avoir signé une lettre remerciant Jeffrey Epstein pour sa générosité. C’était en 2012, soit quatre ans après la condamnation d’Epstein pour sollicitation de prostituée mineure.