Affaire Epstein : La police judiciaire lance un appel à témoins

PEDOPHILIE Trois personnes ont déjà été entendues, à leur demande, dans le cadre de l’enquête française

R.G.-V.

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Le 24 juillet 2018, à Paris (17e). L'entrée du palais de justice de Paris.
Le 24 juillet 2018, à Paris (17e). L'entrée du palais de justice de Paris. — Clément Follain / 20 Minutes

La police judiciaire a lancé ce mercredi un appel à témoins dans l’affaire Jeffrey Epstein, du nom de ce milliardaire impliqué dans une vaste affaire de prostitution et de pédophilie, qui s’est suicidé en août en prison aux Etats-Unis, a appris 20 Minutes de source proche du dossier. L’appel à témoins concerne le volet français de l’affaire. Les enquêteurs s’interrogent sur le fait que l’homme d’affaires pouvait disposer d’un réseau en France, où il possédait un luxueux appartement.

Le parquet de Paris a aussi confirmé ce mercredi que trois personnes avaient été entendues, à leur demande, par les policiers et policières chargées de l’enquête française. Ces personnes ont été entendues le 27 août et les 3 et 9 septembre, dans le cadre de l’enquête contre X ouverte le 23 août.

Le rôle de Jean-Luc Brunel en question

Alerté sur de potentielles victimes françaises, le parquet a ouvert une enquête pour « viols » et « agressions sexuelles », notamment sur mineures. Les enquêteurs s’intéressent notamment au rôle joué par l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, ancien proche de Jeffrey Epstein, accusé de viols par plusieurs anciens top models.

Dans un courrier adressé au procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, l’une d’elles, entendue lundi par les enquêteurs, affirme avoir été droguée et violée par Jean-Luc Brunel dans un appartement parisien au début des années 1990 alors qu’elle était tout juste majeure. Selon le récit de cette Néerlandaise de 46 ans, plusieurs mannequins vivaient dans ce logement situé avenue Hoche, près des Champs-Élysée, et des réceptions y étaient organisées « quotidiennement » avec « de riches hommes d’affaires qui étaient accompagnés de très jeunes filles ».

Une première procédure close en 2007

Le nom de Jean-Luc Brunel, fondateur des agences de mannequins Karin Models et MC2 Model Management, apparaissait déjà dans la procédure américaine. Dans une première procédure aux États-Unis close en 2007, deux femmes l’avaient déjà accusé de jouer le rôle de rabatteur pour Jeffrey Epstein, amenant aux États-Unis des « jeunes filles » venues de milieux modestes en leur faisant miroiter des jobs dans le mannequinat.