Whisky: Des chercheurs créent une «langue artificielle» pour repérer les contrefaçons

INNOVATION Des minuscules morceaux d’or et d’aluminium réagissent au contact de l’alcool, livrant de précieuses informations

20 Minutes avec agences

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Illustration de whisky
Illustration de whisky — PublicDomainPictures / 17914 photos / Pixabay

L’innovation technologique au service de l’alcool le plus pur. Des chercheurs de l’Université de Glasgow (Royaume-Uni) ont annoncé ce mardi avoir mis au point une « langue artificielle » capable de contrôler la qualité de fabrication du whisky et de lutter contre la contrefaçon.

En effet, ce dégustateur miniature peut faire la différence entre un whisky d’une même marque vieilli dans des fûts différents avec une précision de 99 %. Il peut aussi différencier des whiskys âgés de 12, 15 ou 18 ans.

Même fonctionnement qu’une langue humaine

Concrètement, le whisky est versé sur un damier constitué de minuscules morceaux d’or et d’aluminium qui agissent comme des « papilles gustatives ». Au contact de l’alcool, les métaux renvoient une lumière différente qui, analysée, permet d’établir un profil statistique du whisky.

« Nous appelons cela une langue artificielle car elle agit de la même façon qu’une langue humaine », explique Alasdair Clark, l’un des ingénieurs du projet. « Comme nous elle ne peut pas identifier individuellement les produits chimiques qui rendent le café différent du jus de pomme, mais elle peut facilement faire la différence entre des mélanges chimiques complexes. »

Lutter contre les faux whiskys

La méthode a ainsi permis de découvrir que plusieurs bouteilles de whisky, censées être d’une très grande valeur, étaient en réalité fausses. Outre son « potentiel » dans la lutte contre la contrefaçon, l’outil pourrait « être utilisé dans les tests de sécurité alimentaire », assure Alasdair Clark.

La nouvelle a été saluée dans le milieu du whisky. « Nous serions vraiment ravis d’avoir quelque chose qui aiderait à éradiquer la contrefaçon du whisky », a déclaré Annabel Meikle, directrice de la confrérie Keepers of the Quaich, qui défend les intérêts du whisky écossais. Le travail des master blenders, qui élaborent les whiskys et évaluent leur qualité, n’est pas encore menacé. Mais cette « langue » pourrait un jour remplacer certains contrôles de routine.