Les gens aimeraient la bière ou le vin pour l'ivresse et non pour le goût

ETUDE Selon Marilyn Cornelis, coauteure de l’étude, « les gens aiment la façon dont le café et l’alcool les font se sentir » et « c’est la raison pour laquelle ils en boivent »

20 Minutes avec agences

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Les amateurs de bière aimeraient en boire pour l'effet psychoactif de l'alcool sur le cerveau. (Illustration)
Les amateurs de bière aimeraient en boire pour l'effet psychoactif de l'alcool sur le cerveau. (Illustration) — rawpixel

Des chercheurs en génétique affirment que les amateurs de bière ou de vin n’en boivent pas pour la finesse du goût mais pour l’effet psychoactif de l’alcool sur le cerveau. Idem pour le café : les humains ont appris à surmonter l’amertume pour la « récompense mentale » fournie par la caféine, explique une étude publiée ce jeudi dans la revue Human Molecular Genetics.

Au départ, les généticiens de l’université américaine Northwestern ont cherché à identifier les gènes gouvernant nos préférences de boissons. Ils se sont naturellement orientés vers ceux du goût, mais à leur surprise, ils ont découvert que les préférences des gens variaient en fonction d’autres gènes.

Il s’agit en réalité de ceux liés aux effets psychoactifs des boissons. « Les gens aiment la façon dont le café et l’alcool les font se sentir. C’est la raison pour laquelle ils en boivent », explique Marilyn Cornelis, coauteure de l’étude.

Aider les patients aux habitudes alimentaires nocives

D’après les travaux des généticiens, qui s’appuient sur les profils génétiques de 336.000 personnes enregistrées dans la base de données britannique UK Biobank, « le goût est peut-être un facteur mais c’est un goût acquis ». Ainsi, l’amertume du café « nous conduirait normalement à l’éviter, d’un point de vue d’évolution », avance Marilyn Cornelis. « Mais nous le consommons car nous avons appris à confondre le goût avec l’effet caféiné ».

Ces travaux pourraient un jour permettre d’avancer dans la manière de traiter des patients dont les habitudes alimentaires deviendraient nocives. « Si on veut intervenir contre certains comportements, il faut prendre en compte les effets psychoactifs », résume Marilyn Cornelis. « Cela pourrait être une barrière au changement de comportement des gens ».