Le gouvernement lance une «brigade anti-discrimination» sur Facebook

LUTTE Cette plateforme permettra de recueillir les témoignages de victimes de discriminations, mais aussi à les orienter vers les interlocuteurs compétents

20 Minutes avec AFP

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Marlène Schiappa, le 20 octobre 2018 à Issy-les-Moulineaux.
Marlène Schiappa, le 20 octobre 2018 à Issy-les-Moulineaux. — EWIS JOLY/JDD/SIPA

Une page Facebook, baptisée « BADI » pour « brigade anti-discrimination », destinée à recueillir les témoignages de victimes et à les orienter, a été lancée, ce lundi au siège parisien du réseau social, par Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes/hommes et Julien Denormandie, le ministre chargé de la Ville et du logement.

Cette plateforme permettra de recueillir les témoignages de victimes de discriminations, mais aussi à les orienter vers les interlocuteurs compétents, comme les associations, le Défenseur des droits ou les commissariats pour le dépôt d’une plainte. « Nous voulons dire aux personnes discriminées que le gouvernement est de leur côté, et aux personnes discriminantes qu’elles seront sanctionnées », ont écrit les deux ministres dans une tribune publiée dans Le Parisien.

Des réponses émises directement par la Dilcrah

« C’est un dispositif d’alerte, un facilitateur de mise en contact avec les associations et les dispositifs légaux existants », a expliqué Marlène Schiappa, qui précise que l’idée avait émergé lors du débat télévisé co-animé par la secrétaire d’Etat et Cyril Hanouna, le 26 janvier dernier. Les personnes victimes qui posteront leur message sur la page recevront une réponse circonstanciée de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine LGBT (Dilcrah). « Une douzaine de salariés très compétents fourniront des réponses circonstanciées, ce ne sont pas des robots », a précisé le délégué interministériel Frédéric Potier.

« Il s’agit d’une version bêta, une version test à laquelle nous apporterons les correctifs nécessaires au fur et à mesure » a indiqué Marlène Schiappa. « S’il faut plus de moyens, on les mettra », a renchéri Julien Denormandie, qui précise que « 2,5 millions du ministère du logement financent déjà les acteurs de la lutte contre les discriminations dans le cadre de la politique de la Ville ». Plusieurs associations dont SOS Racisme, SOS Homophobie, Femmes solidaires participent à la plateforme, selon Marlène Schiappa.

Les associations réclament des policiers et des magistrats spécialisés

Le choix de Facebook répond à une volonté de « dédramatiser le contact institutionnel », selon elle. Les messages peuvent être privés ou publics. Les données seront conservées « de la même façon que pour toutes les pages Facebook, il n’y a pas de conservation spécifique », a indiqué Anton Battesti, responsable des affaires publiques du réseau social. Plusieurs associations, comme Les Maisons des Potes ou SOS Homophobie ont salué l’annonce tout en appelant de leurs vœux une véritable brigade de policiers et de magistrats spécialisés dans la lutte contre les discriminations.

« Pour les Maisons des Potes, il faudrait déployer une brigade d’officiers de police judiciaire dans chaque SRPJ de France et un magistrat spécialisé dans chaque cour d’appel », indique l’association dans un communiqué lundi. SOS Homophobie souhaite que des « référents soient en place dans les commissariats, où les victimes de discrimination renoncent à se rendre de peur d’être mal reçues ».