Nouvelle-Aquitaine: La start-up Silent Space a une solution pour réduire le bruit dans les open-space

INNOVATION Silent Space, start-up implantée en Corrèze à Brive-la-Gaillarde, retourne au CES de Las  Vegas du 8 au 11 janvier 2019 pour séduire des décideurs avec sa technologie qui permet d'améliorer le confort de ceux qui travaillent en open space...

Elsa Provenzano

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Illustration: un open-space en France.
Illustration: un open-space en France. — DURAND FLORENCE/SIPA
  • La start-up Silent Space a développé un boîtier qui émet sur une certaine fréquence un son qui masque l’intelligibilité des conversations et améliore ainsi le confort de travail en open space.
  • Il ne s’agit pas d’apporter le silence mais d’apaiser l’environnement sonore de travail, tout en permettant des interactions entre les utilisateurs de l’open space.
  • Elle fait partie de la délégation régionale qui se rend au CES de Las Vegas du 8 au 11 janvier pour y décrocher de nouveaux contrats.

« En France et en Europe, 68 % des personnes travaillent en open space », lâche pour commencer Frédéric Lafage, fondateur de la start-up Silent Space, qui émane du groupe Orféa Acoustique. Dans ces lieux ouverts, selon le type d’activité, le bruit des autres peut-être gênant, voire très fatigant.

Créée en 2014 après trois ans de recherche et développement, Silent Space commercialise un boîtier connecté de 9 centimètres de diamètre, à clipser sur le bureau, qui promet d’y remédier. La jeune entreprise, implantée à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, retourne au CES de Las Vegas cette année, du 8 au 11 janvier sous l’égide de la région Nouvelle Aquitaine, pour rencontrer des décideurs.

« Un confort de travail »

« Le boîtier diffuse un son sur une fréquence spécifique qui permet de ne pas distinguer les mots des conversations alentour, cela réduit la compréhension et améliore donc la capacité d’attention et de concentration », détaille Frédéric Lafage. Mais attention, ce boîtier n’est pas synonyme de silence car il doit permettre des interactions entre les utilisateurs de l’open space, notamment ceux qui sont à des places voisines. « On cherche un équilibre qui procure un confort de travail », souligne le fondateur.

Le son diffusé n’est pas perçu comme supplémentaire mais assimile plutôt les échanges qui pourraient être trop envahissants à un bruit de fond. Sur le boîtier, il y a également un indicateur LED qui envoie une lumière rouge lorsque le son est trop fort, ce qui peut permettre une auto-régulation ou un rappel à un collaborateur sur la base de données objectives.

Si l’open space est surchargé, le boîtier trouve ses limites car à la différence d’un casque il n’a pas pour fonction d’isoler de son entourage proche. Il doit permettre des échanges sinon la configuration en open space (co-working, espaces collaboratifs), perd un peu de son sens.

Des clients de tous les secteurs

La start-up, qui réunit six personnes, estime que le CES sera l’occasion d’approcher des décideurs et des directeurs d’innovations potentiellement intéressés par sa technologie. L’an dernier, le salon a été l’occasion de signer avec des grandes entreprises, notamment françaises. La start-up a plutôt de très grands groupes comme clients (EDF par exemple) et dans tous les secteurs.

« C’est le paradoxe, on va aux Etats Unis et on y rencontre des décideurs français qui ont plus de temps là-bas, avec les neuf heures de décalage qui les éloignent de leurs mails et de leurs appels, pointe Frédéric Lafage. On a aussi des clients américains mais basés en Europe ». Parmi eux figure même un des  gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui ne souhaite pas qu’on le cite.