Grande-Bretagne: Une campagne anonyme menée sur Facebook pour réclamer un «Brexit dur»

POLITIQUE Des publicités diffusées sur le réseau social exhortent les Britanniques à rejeter le plan Chequers, le programme qui prépare les futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE...

H. B.
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Un partisan du "Remain" (rester dans l'UE) avec une pancarte "Le Brexit, est-ce que ça vaut le coup" ?
Un partisan du "Remain" (rester dans l'UE) avec une pancarte "Le Brexit, est-ce que ça vaut le coup" ? — Alastair Grant/AP/SIPA

Les réseaux sociaux continuent à s’immiscer dans la vie politique britannique. Quelques mois après avoir découvert que des milliers de publicités pro-Brexit avaient été diffusées sur Facebook lors du référendum de 2016, l’agence 89up vient de découvrir une nouvelle campagne d’ampleur sur le réseau social financée par un site web anonyme pro-Brexit.

Un mystérieux site « d’informations » baptisé Mainstream Network a en effet diffusé ces derniers mois de nombreuses publicités sur Facebook pour encourager les électeurs britanniques à envoyer un courrier électronique à leur député, les exhortant à revenir à un « Brexit dur ».

Près de 11 millions de Britanniques ciblés

Mainstream Network aurait ainsi dépensé plus de 250.000 livres (283.000 euros) en moins d’un an pour envoyer des messages sur les comptes Facebook de plus de 11 millions de Britanniques, indique les chercheurs de l’agence 89up. « Nous avons voté pour quitter l’Union européenne, pour reprendre le contrôle sur notre argent et nos frontières. Le plan « Chequers » ne permet pas cela », indique l’un des fameux posts. Sous ces messages, les internautes étaient invités à cliquer pour « dire à leur député de jeter le « Chequers » à la poubelle ».

L'un des messages que certains internautes britanniques ont reçu sur le compte Facebook.
L'un des messages que certains internautes britanniques ont reçu sur le compte Facebook. - Capture d'écran Facebook

Le plan Chequers, défendu par la Première ministre Theresa May, prévoit de conserver une relation économique étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le "divorce". Pour les partisans d’un « Brexit dur », ce programme qui prépare les futures relations économiques entre l’Union européenne​ et le Royaume-Uni n’est pas assez strict.

« Une organisation sophistiquée qui dépense beaucoup d’argent »

« Ces dernières semaines, j’ai reçu un flot d’une cinquantaine d’e-mails, dont certains assez violents, m’exhortant de rejeter Chequers, et de voter pour un Brexit pur et dur », a confié le député Paul Farelly au Guardian.

« Nous avons ici l’exemple d’une organisation clairement sophistiquée qui dépense beaucoup d’argent pour une campagne politique, et nous ne savons absolument pas qui est derrière cela », a déclaré de son côté Damian Collins, président du comité de sélection du Department for Digital, Culture, Media & Sport (DCMS).

« Facebook doit dire aux gens qui est derrière ce groupe »

« Cette affaire montre que, malgré les déclarations de Facebook assurant qu’il lutte contre les fausses informations, des groupes anonymes continuent d’essayer de manipuler les députés et l’opinion publique en utilisant la plateforme […] Facebook doit dire aux gens qui est derrière ce groupe », a expliqué Josh Feldberg, l’un des chercheurs de l’agence 89up.

La révélation de cette nouvelle campagne massive sur Facebook intervient au moment où le réseau social vient de lancer sa « War Room », un centre névralgique censé lutter en temps réel contre la manipulation politique en période électorale.