Theresa May et Jean-Claude Juncker
Theresa May et Jean-Claude Juncker — EMMANUEL DUNAND / AFP

FEU VERT

Brexit: Londres n’exclut pas une prolongation de la période de transition

Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, lui, a suggéré que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière et le marché intérieur jusqu’à fin 2021…

Une solution qui pourrait permettre de gagner plus de temps et de parvenir à un accord commercial avec l’Union européenne. La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, ce jeudi, qu’elle était ouverte à la prolongation de « quelques mois » de la période de transition après le Brexit, prévu pour fin mars 2019.

« Une nouvelle idée a émergé et cette idée, à ce stade, est l’option de créer une période de transition de quelques mois », a-t-elle déclaré lors de son arrivée au sommet des 28 de l’UE. Cette possibilité « ne devrait pas être utilisée », a-t-elle cependant nuancé.

Une atmosphère « beaucoup plus détendue »

Mercredi, Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, lui, a suggéré que le Royaume Uni reste dans l'union douanière et le marché intérieur jusqu'à fin 2021, soit un an de plus que prévu initialement. Le face-à-face de la Première ministre britannique Theresa May mercredi avec ses 27 homologues s’était déroulé dans une bien meilleure atmosphère qu’il y a un mois à Salzbourg.

L’atmosphère a été « beaucoup plus détendue » qu’à Salzbourg, mais «je n'ai pas constaté de nouveautés majeures» dans les propositions du Royaume-Uni, a estimé Antonio Tajani, le président du Parlement européen. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait pourtant appelé la Première ministre britannique à faire preuve de « créativité » pour sortir de l’impasse autour du sort de la frontière entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, principale pomme de discorde.

Transition post-Brexit

Prolonger la période de transition, pendant laquelle le Royaume-Uni restera dans le marché unique, ne réglerait pas la question de la frontière irlandaise, mais donnerait plus de temps aux négociations​. Le but serait qu’un tel accord éloigne la perspective d’un recours au « filet de sécurité » (« backstop ») demandé par l’UE pour éviter le retour d’une frontière physique sur l’île d’Irlande, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998. Cette solution, rejetée en l’état par Londres, prévoit de maintenir l’Irlande du Nord dans l’union douanière et le marché unique, si aucune autre solution n’est trouvée.

Londres, de son côté, propose de rester aligné sur les règles douanières de l’Union jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange plus large, afin d’éviter le contrôle de marchandises aux frontières. Avec des négociations qui patinent et l’horloge qui tourne, le scénario d’une absence d’accord plane de plus en plus sur les discussions. Donald Tusk l’avait jugé « plus probable que jamais » dans son invitation au sommet adressée aux 27.