Facebook met en place de nouvelles options pour lutter contre le cyber-harcèlement

NOUVEAUTÉS Afin de « mieux protéger » ses utilisateurs « contre l’intimidation et le harcèlement », Facebook annonce ce mardi la mise en place de différentes mesures. Une démarche appréciée par les associations de lutte contre le cyber-harcèlement, mais pas encore suffisante…

Marie De Fournas

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Illustration Facebook.
Illustration Facebook. — FRANCK LODI/SIPA
  • Facebook annonce ce mardi le lancement de nouvelles options afin d'aider les victimes de cyber-harcèlement à se défendre.
  • Une démarche appréciée par l'association Marion la Main Tendue et le collectif féministe contre le cyber-harcèlement.
  • Ils considèrent toutefois qu'il reste encore beaucoup à faire. 

Ce mardi, Facebook a annoncé la mise en place de nouvelles mesures et options visant à protéger les internautes du  cyber-harcèlement. Un problème majeur sur lequel se concentre depuis quelque temps activement la plateforme, souvent critiquée à ce sujet. Parmi les nouveautés, de nouvelles options devraient particulièrement aider les victimes à se défendre.

La première vise à faciliter la modération des commentaires sous les publications. Il sera ainsi possible de masquer ou de supprimer plusieurs commentaires à la fois. Une recherche par mots-clefs sera également possible afin d’empêcher des propos offensant d’apparaître dans les commentaires. Une option efficace selon Coumba Samaké, cofondatrice du collectif féministe contre le cyber-harcèlement, interviewée par 20 Minutes : « Parfois ce n’est pas forcément le mot en lui-même qui est dur pour la victime, mais sa répétition par un grand nombre de personnes ». Dans un cadre plus privé, il sera également possible de bloquer une personne sans qu’elle en soit avertie ou simplement de ne pas voir ses messages.

Les témoins de cyber-harcèlement ont un rôle-clef

Autre fonctionnalité de taille, il sera désormais possible de signaler des propos ou un contenu, au nom d’un de ses contacts victime de harcèlement. « Comme pour n’importe quelle agression, les témoins ont un rôle-clef. Dans le cas du harcèlement, ils sont même parfois plus à même d’agir que la victime qui, par peur ou par honte, n’est pas toujours en état de le faire, explique à 20 Minutes, Catherine Verdier, vice-présidente de l’ association Marion la Main Tendue. Si les personnes qui assistent à un cas de harcèlement ne font rien, celui-ci à bien lieu. En revanche, s’ils interviennent en nombre, ils ont alors du poids et peuvent faire cesser celui-ci. »

Si ces mesures sont appréciées par les associations, ces dernières considèrent que Facebook pourrait aller encore plus loin. « Sur Facebook, nous avons constaté que le taux de harcèlement n’a pas baissé, car si les harceleurs sont gênés par les différentes mesures prises par le groupe, ils continuent néanmoins d’agir de manière détournée », constate Coumba Samaké. Création de comptes éphémères rapidement supprimés, harcèlement par commentaires sans utiliser d’insulte ou encore création de groupes secrets où photos volées, propos racistes et homophobes circulent, n’ont eux pas disparu. « Concernant ces groupes, Facebook doit les modérer sans pour autant totalement faire disparaître leurs contenus car ils constituent aussi des preuves permettant d’attaquer ensuite les harceleurs. »

Eduquer les harceleurs et leurs complices

Facebook envisage également de mieux protéger les personnalités publiques, ou encore d’informer leur communauté sur les sites pouvant les aider. L’ensemble des mesures permettent ainsi de mieux se défendre face au cyber-harcèlement, mais ne permettent pas de l’empêcher en amont. « C’est avant que cela n’arrive qu’il faut agir et cela passe par l’éducation et l’information, insiste Catherine Verdier. Aujourd’hui les jeunes commencent à savoir comment agir lorsqu’ils sont victimes de harcèlement. Mais il reste tout un travail à faire pour que les gens sachent reconnaître quand eux-mêmes sont harceleurs. Parfois, partager ou simplement liker c’est déjà être complice de harcèlement. »

La psychologue pour enfants insiste également sur le fait que le principal problème, notamment lors de diffusions de photos offensantes, c’est le temps de réaction. « Si celle-ci n’est pas supprimée dans l’heure, il est trop tard, cette dernière aura pu être partagée des milliers de fois, avec parfois des conséquences dramatiques. Les derniers suicides liés à du cyber-harcèlement étaient dus à des affaires de sexting. » Un fléau auquel Facebook espère mettre fin. Depuis mars, le groupe a augmenté de 40 % son équipe de modération.