Facebook: Ces groupes où s'échangent des photos volées de femmes nues

HIGH-TECH Sur « Babylone 2.0 » et « Garde Ta Pêche », les internautes diffusaient des photos de femmes nues avec des commentaires irrespectueux…

20 Minutes avec agence

— 

Photo d'illustration Facebook.
Photo d'illustration Facebook. — JOEL SAGET / AFP

Une plongée dans la misogynie 2.0. Deux groupes, « Babylone 2.0 » et « Garde Ta Pêche » viennent d’être fermés par Facebook. Les deux pages diffusaient des photographies de femmes dénudées, sans leur consentement, accompagnées de commentaires graveleux, irrespectueux ou insultants.

Ils ont été débusqués par une journaliste du site belge 2 Girls 2 Mag dont l’article publié hier soir a rapidement été relayé par la presse nationale. Les deux pages ne sont depuis plus accessibles depuis le 6 janvier.

52.000 internautes y commentaient leurs exploits sexuels en direct

« Avions de chasse » ou « taudis ». Voilà les mots utilisés pour qualifier les femmes sur le groupe « Babylon 2.0 ». Une page Facebook secrète, avec permis d’entrée, où le but des membres était de mettre en avant les photos de leurs conquêtes sexuelles agrémentées de commentaires. Ainsi les photos de milliers de femmes ont été diffusées depuis l’ouverture de « Babylon 2.0 ». Ce qui surprend et dégoûte le plus Chrystelle Charlier, c’est le nombre de membres : 52.000 internautes y commentaient leurs exploits sexuels en direct. « Je n’ai eu accès au groupe que 30 minutes avant qu’ils découvrent qu’il y avait des filles », a expliqué la journaliste qui est toutefois parvenue à faire quelques captures d’écrans avant de se faire exclure.

« Slut-shaming » et du « revenge porn »

Parmi les contributions, Chrystelle Charlier retranscrit celle-ci : « c’est très loin de l’avion de chasse qu’on traque tous, certes, mais du haut de mes 27 ans, je ne pouvais refuser ce taudis de 44 ans, juste pour rajouter une ligne sur le CV. Vieille peau. On ne recule pas devant le défi. » Et la journaliste de commenter : « cette superbe citation est accompagnée d’une photo de la victime (…) prise de dos, nue, de toute évidence sans qu’elle s’en aperçoive. »

En cherchant la trace de « Babylon 2.0 », une journaliste du quotidien Le Vif est, elle, tombée sur « Garde la pêche ». Une autre page qui, selon les journalistes belges, au-delà du non-respect du droit à l’image et à la vie privée, emprunte la voie du « slut-shaming » et du « revenge porn » qui consiste à se venger d’une ex-petite amie en publiant ses photos intimes sur Internet.

Si ces pages aujourd’hui fermées constituaient la référence en la matière, selon des internautes, ils en existeraient encore d’autres du même genre et regroupant les milliers d’internautes sur Toile.