Instagram: Des influenceurs payés pour rendre la cigarette «cool»?

PUB Quatre grands industriels du tabac sont accusés d’avoir fait la promotion de la cigarette auprès des jeunes sur les réseaux sociaux…

H. B.

— 

Une femme fumant une cigarette (image d'illustration).
Une femme fumant une cigarette (image d'illustration). — ERIC FEFERBERG / AFP
  • Aux Etats-Unis comme en France, il est interdit de faire la promotion de la cigarette à la télévision et dans les médias.
  • Campaign for Tobacco Free Kids, un groupe d’influence américain, a fait appel à des chercheurs pour comptabiliser les hashtags faisant référence à des marques de cigarettes sur les réseaux sociaux.
  • Une pétition contre quatre industriels du tabac a été déposée aux Etats-Unis auprès de la Federal Trade Commission.

Faire la promo de la cigarette auprès des jeunes, c’est interdit en France, aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays. Mais pour contourner cette législation, les grands industriels du tabac ont trouvé une petite combine : mettre en place des campagnes de financement en sponsorisant des contenus sur internet.

Campaign for Tobacco Free Kids, un groupe d’influence américain qui a réalisé une vaste enquête internationale, a révélé sur Takeapart.org que certains industriels du tabac faisaient appel à des influenceurs sur Instagram pour rendre la cigarette « cool ».

Plusieurs hashtags ciblés

Campaign for Tobacco Free Kids ("Campagne pour des enfants sans tabac") a fait appel à des chercheurs pour comptabiliser les hashtags faisant référence à des marques de cigarettes sur les réseaux sociaux, explique le New York Times.

Les chercheurs ont également pu interroger, de manière anonyme, des influenceurs payés pour poster des photos les montrant en train de fumer ou posant à côté d’un paquet de cigarettes sur Instagram et Facebook.

View this post on Instagram

🐒🐒🐒

A post shared by Polpy (@polpettadiriso) on

200 euros par mois et deux cartons de cigarettes

Selon l’étude, Lucky Strike recommanderait ainsi de poster des contenus deux fois par semaine avec la mention #likeus_party et au moins une fois par semaine avec le mot-clef #lus, mais aussi d’aimer et partager les contenus de la page Facebook de la marque.

« L’objectif était de montrer que fumer des Lucky Strike, c’était cool », aurait expliqué un influenceur sous couvert d’anonymat. Certains auraient été rémunérés 200 euros par mois et deux cartouches de cigarettes.

Une pétition contre quatre industriels du tabac

Philip Morris International (Marlboro) totaliserait ainsi une centaine de campagnes secrètes. D’autres grands cigarettiers sont également dans le viseur de l’enquête : British American Tobacco (Lucky Strike), Japan Tobacco International (Camel) ou encore Imperial Brands (Gauloises).

Cette enquête a conduit Campaign for Tobacco Free Kids à déposer une pétition contre ces quatre industriels du tabac auprès de la Federal Trade Commission (F.T.C), une agence indépendante du gouvernement des Etats-Unis. Le groupe d’influence accuse Philip Morris International, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Brands d’avoir violé la loi fédérale en ciblant les jeunes consommateurs américains par le marketing trompeur des réseaux sociaux.