Les anti-tabac veulent faire interdire la pub, même chez les buralistes

Les anti-tabac ont trouvé une nouvelle croisade: ils partent ...

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Les anti-tabac ont trouvé une nouvelle croisade: ils partent en guerre contre la publicité pour les cigarettes chez les buralistes, avec leurs présentoirs colorés, lumineux, parfois en 3D, où les paquets sont mis en scène comme des baladeurs très en vogue chez les jeunes.
Les anti-tabac ont trouvé une nouvelle croisade: ils partent en guerre contre la publicité pour les cigarettes chez les buralistes, avec leurs présentoirs colorés, lumineux, parfois en 3D, où les paquets sont mis en scène comme des baladeurs très en vogue chez les jeunes. — Philippe Huguen AFP/Archives

Les anti-tabac ont trouvé une nouvelle croisade: ils partent en guerre contre la publicité pour les cigarettes chez les buralistes, avec leurs présentoirs colorés, lumineux, parfois en 3D, où les paquets sont mis en scène comme des baladeurs très en vogue chez les jeunes.

Directe (affiche, spots TV ou radio) ou indirecte (sponsoring), la publicité pour le tabac ou ses dérivés est interdite en France depuis 1991... sauf dans les bureaux de tabac où elle est officiellement strictement encadrée.

Mais, missionné et financé par le ministère de la Santé, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a mené plusieurs études montrant que "plus de 80% des bureaux de tabac" sont hors-la-loi parce qu'ils acceptent des affiches ou des présentoirs illégaux, avec les jeunes pour cible.

Mardi, son président, le Pr Yves Martinet, a officiellement demandé aux pouvoirs publics d'interdire la publicité pour le tabac sur les lieux de vente.

Une étude de l'institut LH2 sur 400 des 28.000 buralistes et l'examen de plus de 2.200 objets publicitaires montrent que 88% des publicités ne sont pas légales, sur le fond et/ou sur la forme.

Ne sont autorisées que des affiches (60x80cm), informatives, qui indiquent le numéro de téléphone de l'aide à l'arrêt du tabac (sur au moins 25% de leur surface) et qui ne sont pas visibles de l'extérieur.

Sur le contenu, le CNCT note qu'elles "sont particulièrement efficaces pour attirer les plus jeunes, donner une image +cool+ de la consommation de cigarette" et "sont aussi conçues pour faire oublier la nature dangereuse du tabac".

Pour le Pr Martinet, les fabricants "ont détourné" l'exception dont ils bénéficiaient pour attirer de nouveaux fumeurs, notamment les jeunes. D'autant que les buralistes cherchent à diversifier leur offre et donc leur clientèle pour compenser la baisse des ventes de tabac.

Pour leur président, Pascal Montredon, cette proposition des anti-tabac relève du "harcèlement". Elle intervient à moins de deux semaines d'une nouvelle augmentation du prix (8 novembre), quelques jours après un amendement visant à encore plus augmenter les prix, alors que sont attendues les photos choc (avril 2011) et que l'Europe réfléchit à mettre en place des paquets génériques ou des présentoirs cachant les paquets.

De leur côté, les fabricants de tabac ne contestent pas farouchement l'illégalité de certaines publicités, mais "tiquent" sur la proportion de 9 sur 10 illégales avancée par le CNCT.

Les industriels soulignent également que cette exception était une condition sine qua non "pour la constitutionnalité de la loi de 1991", explique Yves Trévilly, porte-parole de British American Tobacco France.

"L'interdiction de la publicité du tabac a été validée par le Conseil constitutionnel au motif que les fabricants pouvaient encore se livrer concurrence au moyen des affichettes en débit", ajoute Denis Fichot le porte-parole de JTI (Japan Tobacco).

"Que le CNCT veuille cacher le tabac de la vue des Français n'est pas nouveau, ce qui l'est davantage est que le ministère de la Santé lui confie une étude alors même qu'il n'est pas l'acteur le plus objectif sur le dossier", ajoute M. Fichot.

Sollicitée par l'AFP, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui au début du rapport en "salue la qualité", n'a pas indiqué quelles suites seraient données à la demande d'interdiction, ni au constat que la loi n'est pas respectée.