Pourquoi la nomination de Wonder Woman comme ambassadrice de l'ONU fait polémique

SEXISME Plusieurs organisations féministes et des salariés de l’ONU ont émis de vives critiques…

20 Minutes avec AFP

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Costume de Wonder Woman datant de 1976, et exposé au Metropolitn Museum of Art à New York, lors d'une exposition sur les costumes de super-héros, le 5 mai 2008.
Costume de Wonder Woman datant de 1976, et exposé au Metropolitn Museum of Art à New York, lors d'une exposition sur les costumes de super-héros, le 5 mai 2008. — AP Photo/Stephen Chernin

L’ONU a chargé vendredi Wonder Woman, un personnage de bande dessinée américaine, de promouvoir les droits des femmes malgré les critiques d’organisations féministes et d’une partie de son personnel.  Wonder Woman mettra ses super-pouvoirs au service d’une campagne onusienne d’un an sur l’émancipation des femmes et des filles.

Elle a été désignée vendredi ambassadrice honoraire des Nations unies, en présence de l’actrice Lynda Carter, qui l’a incarnée à la télévision, et de la présidente de DC Entertainment Diane Nelson, qui détient les droits du personnage.  Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, initialement annoncé, était absent. Son adjointe à la communication Cristina Gallach a salué « l’engagement de Wonder Woman en faveur de la justice, la paix et l’égalité ».

Au fond de la salle, quelques dizaines de protestataires, femmes et hommes, tournaient le dos au podium, certains levant le poing. Le lancement de cette campagne coïncide avec le 75ème anniversaire de la première apparition de WonderWoman dans un « comic book », pendant la Seconde Guerre mondiale, et avec un film produit par Warner Bros qui doit sortir l’été prochain.

Plusieurs personnes ont protesté lors de la cérémonie de nomination d'ambassadrice pour l'ONU en faveur des femmes le 21 octobre 2016. TIMOTHY A. CLARY / AFP
Plusieurs personnes ont protesté lors de la cérémonie de nomination d'ambassadrice pour l'ONU en faveur des femmes le 21 octobre 2016. TIMOTHY A. CLARY / AFP - AFP

« Mauvaise plaisanterie », « insulte faite aux femmes »…

Shazia Rafi, une des dirigeantes du mouvement She4SG qui a milité pour nommer une femme à la tête de l’ONU, juge « ridicule » d’avoir choisi comme modèle à suivre un personnage de fiction. « Il y a tant de femmes bien réelles qui auraient pu être choisies. » Une pétition, signée par 350 employés de l’ONU, avait circulé pour demander à Ban Ki Moon d’abandonner ce projet.

Sur un site Internet créé par ces protestataires, on pouvait lire que Wonder Woman est « l’incarnation de la pin-up : une femme blanche à la poitrine opulente et aux mensurations improbables », vêtue d’un costume moulant aux couleurs du drapeau américain. Les commentaires postés sont cinglants : « mauvaise plaisanterie », « insulte faite aux femmes », ou « il vaudrait mieux nommer plus de femmes à des postes de direction à l’ONU ».

De nombreuses « ambassadrices en chair et en os »

Pour Cristina Gallach, plus que son apparence, « ce sont les valeurs incarnées par Wonder Woman » qui comptent.

Lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte, elle a aussi fait valoir que l’ONU avait nommé de nombreuses « ambassadrices en chair et en os » dont l’actrice Emma Watson, Leymah Gbowee, prix Nobel de la Paix, ou la reine Mathilde de Belgique.