Un Américain souffrait d'une addiction aux Google Glass

INSOLITE La patient, soigné, était en manque quand il était privé de ses google glass qu'il portait 18 heures par jour...

20 Minutes avec AFP

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Le Fort d'Issy expérimente les visites avec des google Glass, le 23 avril 2014 à Issy-les-Moulineaux.
Le Fort d'Issy expérimente les visites avec des google Glass, le 23 avril 2014 à Issy-les-Moulineaux. — O. Gabriel / 20 Minutes

Les Google Glass peuvent-elles rendre accro? Des médecins font état du cas d'un Américain de 31 ans qui portait cette monture connectée à internet jusqu'à 18 heures par jour et semblait en manque lorsqu'il en était privé.

Une addiction aux Google Glass

«Il s'agit du premier cas connu d'addiction à internet impliquant un usage problématique des Google Glass», selon cette étude publiée en ligne dans la revue internationale «Les comportements addictifs» (groupe Elsevier). Encore en phase d'expérimentation, Google Glass permet de se connecter à internet en Bluetooth. Cette monture comporte un petit écran à droite et un pavé tactile sur la branche pour se connecter. Ce dispositif, qui fonctionne aussi à la voix, permet également de prendre des photos et de faire des vidéos.

Rêver au travers d'un écran

Ce patient, qui travaillait pour la Marine américaine, en était venu à ne retirer ses Google Glass que pour dormir ou se laver. Et il commençait à vivre ses rêves à travers un écran ressemblant à celui du dispositif. L'homme, qui avait des antécédents de troubles de l'humeur et de gros problèmes d'alcool, était venu suivre une cure de désintoxication dans un centre de la Navy situé à San Diego (Californie) en septembre 2013. Durant les deux mois précédant son hospitalisation, il avait porté ses Google Glass jusqu'à 18 heures par jour.

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Il tapotait sa tempe droite de son index

Pendant les 35 jours passés dans ce centre de soins, les médecins se sont aperçus qu'outre sa dépendance à l'alcool, le patient était aussi accro aux Google Glass, qui lui avaient été retirées lors de son admission. Pendant les entretiens médicaux, il portait involontairement sa main droite à la tempe et la tapotait de son index, comme s'il portait encore ses Google Glass.

Pire que manquer d'alcool

L'homme avait été autorisé à porter ses Google Glass au travail car cela lui permettait de gagner du temps pour recueillir des informations, et de prendre des photos des convois. En outre, ses «lunettes» connectées suscitaient la curiosité et cela facilitait ses échanges avec les autres. Au début de sa cure, le patient a montré des signes de frustration et d'irritabilité significatifs, liés au fait que ses Google Glass lui avaient été retirées, selon les médecins.

«Etre sevré de ce dispositif a été bien pire que le sevrage d'alcool», a-t-il confié aux médecins. A l'issue des soins, le patient était moins irritable et avait moins le tic de porter sa main à la tempe. Sa mémoire à court terme s'était améliorée. Mais il rêvait encore par moment à travers un écran. Interrogée par l'AFP, la firme américaine Google s'est refusée à tout commentaire sur cette étude.