Instagram, WhatsApp, Oculus: Quelle est la stratégie de Facebook derrière cette frénésie de rachats?

HIGH-TECH Facebook a déboursé mercredi 2 milliards de dollars pour acheter Oculus, une entreprise axée sur la réalité virtuelle...

Romain Lescurieux

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Mark Zuckerberg au Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone, le 24 février 2014.
Mark Zuckerberg au Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone, le 24 février 2014. — JOSEP LAGO/PHOTOCALL3000/SIPA

Après Instagram et WhatsApp, c’est au tour d’Oculus — start-up californienne qui développe des interfaces de réalité virtuelle — d’être racheté par Facebook. Des rachats qui permettent à la société cotée en bourse de faire face à la concurrence et de s’insérer sur le marché des objets connectés, après celui du smartphone.

«Nous avons encore beaucoup de choses à faire sur le mobile, mais nous sentons que nous sommes aujourd’hui dans une position qui nous permet de nous projeter vers les prochaines plates-formes, celles qui permettront de nouvelles expériences, plus personnelles, plus utiles et plus amusantes», a commenté Mark Zuckerberg dans le communiqué publié sur le réseau social.

Publication de Mark Zuckerberg.

400 millions en cash, le reste en actions

Après 1 milliard pour Instagram, 19 milliards pour WhatsApp, Mark Zuckerberg n’a pas hésité à mettre une nouvelle fois la main à la poche pour s’emparer d’Oculus. Montant de l’acquisition: 2 milliards de dollars. «Plus le temps avance, plus Facebook paye en actions», commente Romain Rissoan, consultant formateur Web marketing à Optedif. «Si Instagram avait été uniquement acheté avec du cash, What’s app et Oculus ont principalement été achetés en actions», ajoute-t-il. En l’occurrence, pour Oculus, Mark Zuckerberg a mis sur la table 400 millions en cash, et 23,1 millions d’actions valorisées à 1,6 milliard de dollars.

Toutefois, les investisseurs semblent sceptiques face à la stratégie de Mark Zuckerberg: le titre Facebook ayant chuté de 6,93 % mardi à Wall Street, avant de se reprendre légèrement ce jeudi à l’ouverture (+1,84 %).

Mais pour Romain Rissoan, la tactique semble s’établir à plus long terme: «C’est un moyen d’absorber la concurrence et d’éviter que le public se disperse sur d’autres sites et applications». Mais aussi de se positionner face aux géants Google et Sony qui ont respectivement présenté les Glass et le casque Morpheus. «Facebook doit faire face à sa perte de vitesse. Racheter lui permet de conquérir de nouveaux marchés porteurs», analyse Romain Rissoan.