«Visions» du monde de demain: Des objets connectés à l'intelligence artificielle

HIGH-TECH Comment l'Internet des objets et les algorithmes vont être de plus en présents dans notre vie...

A.D., innovations détectées sur Soon Soon Soon

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Keir Dullea, Gary Lockwood et HAL dans «2001, l'Odyssée de l'espace».
Keir Dullea, Gary Lockwood et HAL dans «2001, l'Odyssée de l'espace». — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Anticiper, innover, et surtout partager. La seconde édition de la conférence Visions, organisée ce mardi par 20 Minutes, en partenariat avec Soon Soon Soon, proposait, aux professionnels de la communication et du marketing, un aperçu des nouveaux enjeux en matière de consommation et de style de vie. Bref, anticiper demain à partir des d’innovations d’aujourd’hui. Un futur ou l’internet des objets et les algorithmes sont de plus en plus présents.

Des objets connectés de plus en plus intelligents

Les objets connectés sont là et vont devenir de plus en plus présents et de plus en plus invisibles. «En 2018, les objets connectés seront plus nombreux que les tablettes et autres smartphones», affirme Bernard Asselin, président de l’agence de publicité BleuBlancRouge.

«Les gens veulent des objets connectés pour la santé, l’amélioration de la vie ou qui les rapprochent des êtres aimés», poursuit-il. Ainsi, les vêtements intelligents OMSignal captent les signaux vitaux et peuvent alerter quelqu’un en cas de malaise. «Certains vêtements connectés permettent même de faire des câlins à distance», souligne Bernard Asselin.

«L’interface des objets connectés tend à disparaître», note Ganaël Bascoul, cofondateur de Soon Soon Soon. Le système de projection AquatopDisplay utilise l’eau comme support d’affichage et interagit avec l’utilisateur via une caméra.

Le dispositif Mogees de l’Ircam, quant à lui, transforme, une fois connecté à un Smartphone, n’importe quelle surface ou objet en instrument de musique à reconnaissance gestuelle. Les Electronics Tattoos sont presque invisibles et sont pourtant capables de surveiller notre santé.

«Les objets connectés ont la possibilité de communiquer entre eux», souligne aussi Alexis Botaya, cofondateur de Soon Soon Soon. Le boitier Clickdrive échange des données avec des serveurs et rend votre voiture «intelligente et sociale». «Le tee-shirt ThinkGeek détecte les réseaux WiFi», note Bernard Asselin. Le bracelet connecté Lightwave permet de faire savoir au DJ ou au musicien si on aime ou pas sa performance.

«C’est un moyen d’adapter son offre en temps réel», considère Ganaël Bascoul. «La clé du stade Saputo, qui intègre une puce et un système de bornes, enregistre des données sur les supporters. Ces dernières permettent de proposer des offres personnalisées», explique Bernard Asselin.

Le développement de l’intelligence artificielle

L’Internet des objets s’accompagne du développement de l’intelligence artificielle. Les algorithmes permettent de synthétiser la masse d’informations glanées par les objets connectés.

Ainsi, Tranquilien indique, grâce aux informations des voyageurs, quels trains auront le plus de places disponibles. GoFurther propose de «sortir de sa zone confort» pour tester de nouveaux lieux en fonction de ses goûts. EPFL et PSA travaillent sur un système de détection des émotions du conducteur, car l’état émotionnel du chauffeur peut constituer un facteur de risque au volant.

Les données laissées sur le Web peuvent être réutilisées par les algorithmes. Le célèbre programme Watson d’IBM se lance dans la cuisine et peut concocter un menu spécialement adapté à vos goûts. Wibbittz est capable de faire une note de synthèse vidéo d’un article.

Ces programmes sont également capables de communiquer entre eux. Des chercheurs de l’université de Washington ont créé une méthode qui permet à un ordinateur de transmettre ses compétences à un autre.

Récemment, un algorithme, mis au point à l’université de Rutgers, après avoir analysé les 1.700 tableaux qu’on lui avait soumis, a non seulement retrouvé des influences que les historiens de l’art connaissaient déjà, mais en a révélé de nouvelles. Cet algorithme dispose d’une autre forme d’intelligence que l’homme, complémentaire.

L’intelligence artificielle a même le sens de l’humour, comme Sid, le robot trader superstitieux. Et pour la première fois en juin 2014, Eugene, un ordinateur a passé le test de Turing, qui détermine la faculté d’un ordinateur à imiter la conversation humaine.

Bien loin encore de Hal dans 2001, odyssée de l’espace, «cette technologie des objets connectés, couplés aux algorithmes, aura un impact sur la relation homme-machine», notent Ganaël Bascoul et Alexis Botaya, les cofondateurs de Soon Soon Soon. «La meilleure, ou la pire chose qui puisse arriver à l’humanité», selon Stephen Hawking dans une tribune de The Independent. «Tout dépend des intentions de ceux qui sont derrière tout cela et des usages de ces technologies», conclut Bernard Asselin.