42: Xavier Niel ouvre une école pour former les génies de la programmation de demain

HIGH TECH L'école d'informatique accueillera ses 1.000 premiers étudiants en novembre à Paris...

Anaëlle Grondin

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Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison-mère de Free, à Paris le 31 août 2012.
Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison-mère de Free, à Paris le 31 août 2012. — Gonzalo Fuentes/REUTERS

Après avoir révolutionné le marché de la téléphonie mobile en France, Xavier Niel veut révolutionner l’éducation. Le patron de Free a annoncé au cours d’une conférence de presse ce mardi matin le lancement d’une école de programmation. «Ça fait vingt-cinq ans que je crée des entreprises en France. La difficulté c’est de trouver des talents, ceux qui vont développer les logiciels dont on a besoin. Ce constat est partagé par de nombreuses entreprises informatiques», a déclaré Xavier Niel en guise d’introduction. L’entrepreneur français s’inspire notamment de Bill Gates et Mark Zuckerberg  (Microsoft et Facebook), qui prônaient récemment l’enseignement du code à l’école dans une vidéo virale élaborée par l’ONG Code.org

L’établissement qu’il a souhaité mettre en place pour dénicher les talents de demain en informatique a été baptisé «42», en référence à l’auteur de science-fiction Douglas Adam. Il s’agit d’un hommage à la référence geek du Guide du voyageur galactique, dans lequel 42 est la réponse à la «grande question sur la vie, l'univers et le reste».

1.000 élèves chaque année

«42» a été créée notamment avec Nicolas Sadirac, anciennement membre de l'équipe de direction de l’Epitech. L’école se situera dans le 17e arrondissement de Paris et ouvrira ses portes au mois de novembre. Quelque 1.000 personnes pourront suivre ses cours chaque année. Pour y entrer, deux étapes de sélection. La première consiste en une série de «questions et jeux» disponibles sur le site de l’établissement, 42.fr. Quatre mille profils seront choisis. Ensuite, pendant l’été, il y aura une session informatique à l’issue de laquelle 1.000 «génies» seront retenus.  La formation, qui dure entre trois et cinq ans, permettra aux élèves d’apprendre des métiers du numérique. Ils pourront devenir «développeurs, responsables réseaux, créateurs de jeux vidéo, travailler dans la réalité augmentée», a expliqué Nicolas Sadirac. En revanche, le diplôme obtenu à la fin ne sera pas reconnu par l’Etat. Xavier Niel s’est défendu ainsi: «Nous ne visons aucune certification. Les entreprises n’achètent pas un diplôme, mais un savoir-faire.»  

Xavier Niel insiste sur le fait qu’aucun diplôme n’est demandé pour entrer à «42». Tous les profils sont acceptés du moment que le candidat a entre 18 et 30 ans. «Le système éducatif ne marche pas, martèle Xavier Niel. On peut être en échec scolaire et pourtant correspondre à ce qui est un génie en informatique. 200.000 jeunes sortent du système sans diplôme chaque année. Or, ils pourraient être les talents de demain et faire partie des entreprises innovantes», assure-t-il.  L’entrepreneur veut des gens qui pensent différemment et n’hésite pas à paraphraser Steve Jobs. Il explique par ailleurs que les enseignements dispensés à «42» n’ont rien à voir avec ceux de l’EEMI, école qu'il a créée récemment avec les fondateurs Meetic et Vente-privee.com, préparant aux métiers du web.

Un projet financé par l’entrepreneur français

Le patron de Free précise que «42» sera gratuite. Dans un premier temps, c’est lui qui finance le projet en totalité. La mise en place de la structure lui a coûté 20 millions d’euros. 

Présent à la conférence de presse ce mardi matin, le fondateur de l’Epita, école d’ingénieurs en informatique, a reproché à Xavier Niel de baser sa sélection «sur des évaluations automatisées», sans «appréciation personnelle», et d’écarter la culture en se focalisant sur la technique.