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« On préfère arrêter au top » : Pourquoi 2026 sera le dernier ZEvent

« C’est déjà incroyable d’avoir réussi à tenir dix ans »... Pourquoi Zerator organise le dixième et dernier ZEvent

Donnez donnez donnezCe jeudi 3 septembre marque le début du dixième et dernier ZEvent, avec un concert exceptionnel à la Sud de France Arena à Montpellier. Zerator, l’organisateur du marathon caritatif sur Twitch, explique pourquoi il a décidé d’arrêter l’événement.
ZEvent 2026 : Zerator « On a fait 16 millions l'an passé, faut au moins en faire 20 cette année »
Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Chaque année depuis dix ans, le ZEvent permet de récolter des fonds pour des ONG. Le marathon caritatif est diffusé en direct sur Twitch, sur les chaînes de plusieurs dizaines de streamers.
  • C’est le streamer Zerator et son collègue et ami Dash qui sont à l’origine de l’événement. 2026 sera la dernière édition, pour « finir au top ».
  • Pour la première fois, le streamer s’est donné un objectif de dons : 20 millions d’euros, pour dépasser les 16 millions collectés en 2024 et 2025.

Ce jeudi 3 septembre a lieu le concert du ZEvent, le marathon caritatif sur Twitch, à la Sud de France Arena, à Montpellier. Cet événement marque le début de la dixième et dernière édition de collecte de dons française en live. Pendant trois jours, du 4 au 6 septembre, 333 streamers vont tout faire pour récolter un maximum de fonds, au profit de 22 associations.

Pour 20 Minutes, le créateur de l’événement, le streamer Zerator, qui installe imédiatement le tutoiement avec son interlocutrice, a accepté d’expliquer pourquoi il a fait le choix d’arrêter de le ZEvent, et ce qu’il prévoit pour le futur.

Pourquoi avoir décidé de mettre fin au ZEvent ?

Parce qu’on estime être arrivé au bout de cette boucle. Aujourd’hui, on a déjà fait du caritatif avant ZEvent, on en fera après, ça, on le sait. Mais on préfère arrêter quand c’est au top pour que les gens gardent un bon souvenir, fassent une dernière grande fête. C’est déjà incroyable d’avoir réussi à tenir dix ans. Mais là, on pense qu’on a envie de laisser la place à d’autres, et de pouvoir aussi se rafraîchir l’esprit et de faire d’autres choses autour du caritatif, et laisser le ZEvent avec tout ce qu’il a réussi à construire pendant dix ans.

Mais cette décision représente une perte majeure pour les associations non ?

Alors évidemment, tout événement qui disparaît est une perte sèche pour les associations. Néanmoins, je pense qu’on a quand même réussi à montrer que ZEvent a enfanté d’autres événements. Preuve qu’en réalité, un événement permet d’en avoir plusieurs. Donc, que le ZEvent s’arrête aujourd’hui ou pas, il y a de plus en plus d’assos qui vont être aidées. Aujourd’hui il y a quasiment une dizaine de marathons caritatifs par an, c’est vraiment absolument colossal. Certes, pas tous de l’ampleur du ZEvent, mais je pense qu’à la fin, on a quand même beaucoup d’assos qui vont être de plus en plus sollicitées. De toute façon, si on se posait la question : « Est-ce que ce n’est pas dommage pour les assos ? », on pourrait même faire un ZEvent tous les week-ends, tellement il y a de combats légitimes.

En parlant des associations, comment ont-elles réagi en apprenant la nouvelle ?

Les associations sont plutôt contentes d’être sélectionnées, honnêtement. Mais j’ai aussi reçu des messages disant que c’était dommage, effectivement, parce que ce n’est pas forcément facile de lever des fonds. C’est d’ailleurs de pire en pire au fur et à mesure des années. A cause du climat dans lequel on est, avec les politiques et aussi le fait que ce soit la crise pour la plupart des gens. Mais leur réaction n’est pas trop négative, car elles sont déjà très contentes d’être présentes. De notre côté, ça a toujours été difficile, car il a toujours fallu refuser des associations, malgré leur légitimité à toutes à recevoir des fonds.

Tu parlais d’arrêter pour que les gens gardent un bon souvenir. Avais-tu ressenti une lassitude de la part des spectateurs ?

Je ne crois pas qu’il y ait de lassitude des viewers. La plupart des gens nous disent que c’est un moment incroyable. Effectivement, il y a des streamers qui, parfois, nous ont déjà dit : « J’ai l’impression d’avoir fait le tour, je ne sais plus quoi inventer avec mes donation goals » [N.D.L.R : des défis réalisé par les streamers à chaque pallier de dons atteint] mais ça reste des détails. Aujourd’hui, si on s’arrête, c’est aussi pour laisser de l’air et s’arrêter au pic de ce qu’on sait faire.

Le ZEvent a dû faire face à plusieurs polémiques et plusieurs critiques, est-ce que cela a impacté ta décision ?

Des gens aussi m’ont dit, est-ce que tu t’arrêtes parce que c’est beaucoup critiqué ou quoi ? Les critiques, déjà, c’est très minoritaire. Il faut savoir que le ZEvent reste extrêmement positif à 99 % du temps. Comme je dis souvent, si j’avais dû m’arrêter à la première lassitude ou à la première critique, le ZEvent se serait arrêté depuis huit ans, je pense.

Est-ce que tu t’attendais à créer quelque chose d’aussi immense au début ?

Honnêtement, c’était impossible à anticiper. Nous, on a commencé dans une maison, dans un salon, en branchant nous-mêmes les câbles et on a levé 170.000 euros la première année. C’était déjà incroyable. On se disait : « mais on ne fera jamais mieux, c’est impossible. » Aujourd’hui, on fait littéralement cent fois plus puisqu’on fait 16 millions. La première fois où j’ai ressenti l’ampleur de ce qu’on faisait, c’était en 2018, le ZEvent qui a levé le premier million. Ça m’avait ému aux larmes. Je m’étais dit : « mais c’est dingue, jusqu’où ça va aller cette histoire ? »

Est-ce que tu as un objectif de don pour cette dernière année ?

Les années d’avant, je disais, si on ne le bat pas, ce n’est pas très grave, ça fera déjà beaucoup d’argent. Cette année, je commence à quand même dire à tout le monde, « allez, il faut qu’on explose tout là. » On a fait 17 millions l’an dernier quasiment. Là, faire au moins 20 millions, ce serait incroyable. Ça permettrait de refermer ce chapitre d’une bien belle manière.