Montpellier : On vous raconte la folle histoire du Z Event, né dans un garage

STREAMING L'événement est de retour ce vendredi, au profit, cette année, d'Amnesty International

Nicolas Bonzom
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Jeux vidéo: C'est quoi le Z Event ? — 20 Minutes
  • Ce week-end, l'événement est de retour, au profit d'Amnesty International.
  • Lancé en 2017, après une première édition « pilote » dans le salon de Zerator, le Z Event s'est imposé comme l'un des événements caritatifs incontournables.
  • Le marathon a pourtant débuté il y a trois ans, dans un simple garage.

Il était une fois des stars du streaming, qui décident de mettre leur notoriété au profit de causes qui leur sont chères. En trois éditions, le Z Event s’est imposé comme l’un des événements caritatifs incontournables en France (et dans le monde) : ces « Enfoirés du jeu vidéo » (Mimie Mathy en moins) ont amassé pas moins de 500.000 euros pour la Croix Rouge en 2017, 1 million d’euros pour Médecins sans frontières en 2018, et 3,5 millions d'euros pour l'Institut Pasteur en 2019.

Ce week-end, les streameurs se mobilisent pour Amnesty International, à travers un nouveau marathon d’une cinquantaine d’heures, depuis un hôtel tenu secret, à Montpellier. Mais les débuts étaient bien plus folkloriques. 20 Minutes a recueilli les souvenirs de trois des streameurs qui ont connu les prémisses de l’événement : Zerator et Dach, les Montpelliérains qui en sont à l’origine, et Domingo, l’une des stars du jeu vidéo qui les a accompagnés depuis la toute première édition.

« On a lancé ça pour rire »

L’histoire débute en 2016. Joignant l’utile à l’agréable, une bande de potes se réunit pour la première fois, répondant à l’appel d’un joueur belge, Athene, pour venir en aide à la population éthiopienne, en proie à la famine. Un avant-goût, déjà, du Z Event.

« Athene voulait créer un collectif de streameurs pour lever des fonds, si jamais un jour une crise humanitaire éclatait, raconte Zerator. C’est comme ça que les Avengers sont nés. J’ai fait venir une quinzaine de streameurs dans mon salon, c’était complètement à l’arrache. Mais c’était à la bonne franquette, avec une super ambiance. On a récolté 170.000 euros. On a adoré, ça nous a donné envie de continuer. Et on a créé le Z Event. » « On a lancé ça pour rire, c’était sans prétention, reprend Dach. Il n’y avait aucune volonté de donner naissance à quelque chose qui prenne autant d’envergure. »

« Un miracle technique ! »

L’année suivante, c’est dans un garage que la première édition du Z Event s’improvise. L’équipe s’agrandit alors de quelques stars du jeu vidéo en ligne, dont Doigby, Mister MV ou Sardoche. « Nous n’avions pas assez d’électricité pour tout le monde, alors on a demandé à un voisin de tirer une rallonge géante depuis chez lui, sur laquelle on a branché des multiprises en cascade, sourit Zerator. Pareil pour Internet. On s’est branché sur sa box ! C’est un peu un miracle technique si ça a pu avoir lieu ! » « Sur le moment, c’est pas hyper marrant, mais avec du recul, c’est un peu ce qui a fait la magie de l’événement », se souvient Domingo. « On a récolté 500.000 euros alors que nous n’avions mis que des moyens très modestes, reprend Dach. On s’est dit qu’on pouvait aller encore plus loin. » Cette année-là, Emmanuel Macron, s’était fendu d’un tweet, pour saluer leur performance. Une véritable reconnaissance pour cette bande de potes.

Un an plus tard, en 2018, les choses s’accélèrent au Z Event. La collecte franchit pour la première fois le million d’euros. « Pour moi, ça a été la bascule, reprend Zerator. Nous étions pour la première fois dans une salle que l’on avait louée pour l’occasion, et ça prenait une véritable ampleur. On a senti que quelque chose s’était passé… »

A Z Event, en 2018, à Montpellier.
A Z Event, en 2018, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Oui, on aime les jeux vidéo, mais on sait aussi donner du temps pour les autres »

Jusqu’à l’apothéose du 22 septembre 2019, où les streameurs sont parvenus à amasser plus de 3,5 millions d’euros en un week-end pour l’Institut Pasteur. « Nous avons été surpris, et je crois que les organisateurs aussi, s’était réjoui auprès de 20 Minutes le docteur Jean-François Chambon, directeur du mécénat de la fondation. Cette histoire est vraiment extraordinaire. C’est une communauté extraordinaire, qui communique dans la joie, la bonne humeur, dans l’engagement et la générosité. » « Il y a eu pendant très longtemps le cliché très négatif du joueur de jeux vidéo enfermé dans sa chambre, replié sur lui-même, confie Domingo. Le Z Event a contribué à démontrer que, oui, on aime les jeux vidéo, mais on sait donner aussi du temps pour les autres. »

Au Z Event, en 2019, à Montpellier
Au Z Event, en 2019, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Mais un tel succès demande des sacrifices. Il faut savoir trier, parmi les nombreux youtubeurs et streameurs qui espèrent grossir les rangs du Z Event. « Il y a les membres historiques, puis des potes, des potes de potes, note Dach. On essaie aussi d’inviter des streameurs qui ont un minimum de légitimité. » Et surtout, plus difficile encore, il faut choisir parmi les nombreuses associations, qui candidatent sans cesse pour participer à l’événement. Zerator et Dach reçoivent entre 300 et 400 demandes par an.

« C’est rare qu’il y ait des associations qui ne soient pas légitimes pour recevoir des fonds, souligne Zerator. Mais on doit choisir. C’est très difficile de dire non. On essaie de sélectionner de grosses associations, qui ont pignon sur rue, pour que les donateurs sachent où va l’argent. » Ce vendredi (18h), armés de gel hydroalcoolique et de masques, les streameurs vont écrire une nouvelle page de l’histoire vidéoludique.