Strasbourg : 39 voitures radar privées arrivent sur les routes du Bas-Rhin

SECURITE ROUTIERE Dans le Bas-Rhin, 39 voitures radar conduites par un opérateur privé arrivent sur les routes à partir de ce vendredi 1er octobre 2021

Gilles Varela
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Illustration. Voiture avec radar embarqué.
Illustration. Voiture avec radar embarqué. — FRED SCHEIBER/SIPA/ 20 Minutes
  • Depuis plus d’un an, des voitures radar, conduites par un opérateur privé, circulent dans plusieurs régions françaises.
  • 39 voitures radar sont annoncées dans le département du Bas-Rhin. Et cela commence dès ce vendredi 1er octobre.
  • Dispositif contesté par des associations qui voient là l’occasion de faire des bénéfices sur le dos des automobilistes, l’Etat rappelle ses objectifs, à savoir « libérer du temps aux forces de l’ordre », mais aussi de « faire respecter les limitations de vitesse en allongeant les plages horaires de circulation de ces véhicules sur les routes les plus accidentogènes ».

Des voitures radar, conduites par un opérateur privé, circulent depuis plus d’une année dans plusieurs régions françaises, comme en Normandie où le dispositif avait été testé en premier. Mais cette fois-ci elles débarquent dans le département du Bas-Rhin. La préfecture vient d’annoncer leur mise en service. Et cela commence dès ce vendredi 1er octobre.

L’objectif visé par l’Etat est double. D’abord, « libérer du temps aux forces de l’ordre pour le consacrer à des tâches plus qualifiées comme l’interception au bord des routes, l’alcoolémie et les stupéfiants ». Et aussi permettre de « faire respecter les limitations de vitesse en allongeant les plages horaires de circulation de ces véhicules sur les routes les plus accidentogènes ». Rappelons que dans le Bas-Rhin, depuis le début de l’année, 30 personnes sont décédées et 527 personnes ont été blessées sur les routes.

Quels bénéfices ?

Les voitures radar conduites par un opérateur privé et non signalisées ont été contestées par des associations de défense des automobilistes mais aussi plusieurs députés. La Ligue de défense des conducteurs voit en cette mesure « une visée malheureusement tout autre que notre sécurité sur les routes ». Selon ses calculs, une voiture radar conduites par des chauffeurs employés par des entreprises privées permettrait à l’Etat de faire un bénéfice de 194.000 euros par an et par véhicule. Toujours selon ses calculs, les voitures radar privées rouleraient plus longtemps que les voitures conduites par un représentant des forces de l’ordre et relèveraient plus d’infractions. Par conséquent elles « généreraient un chiffre d’affaires 20 fois plus important. »

Plage horaire de contrôle fixée par l’Etat

Pour rassurer les conducteurs inquiets d’une « certaine liberté » laissée aux opérateurs privés, la préfecture rappelle que « les trajets réalisés et les plages horaires de contrôle sont fixés par les services de l’État, en tenant compte exclusivement des critères d’accidentalité locale. Ils ne sont en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs. »

La préfecture assure également que « les entreprises prestataires ne sont pas rétribuées au nombre d’infractions détectées. » De la confidentialité aussi. « De fait, lorsque la voiture radar circule, son conducteur ignore tout de l’activité de constatations des excès de vitesse, totalement autonome. Il en va de même pour l’entreprise titulaire du marché, qui ne peut ni accéder aux clichés de verbalisation, ni connaître le nombre d’infractions constatées par le biais des véhicules dont elle a la charge durant leur utilisation opérationnelle. »

A terme, 39 voitures radar privées circuleront dans la région Grand-Est.