Toulouse : Les pétarades des pots d’échappement bientôt pistées par un radar antibruit ?

TRANQUILLITE La Ville rose s’est portée volontaire pour expérimenter un nouveau dispositif pour lutter contre les nuisances sonores dues aux véhicules trop bruyants

Béatrice Colin
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Un radar antibruit
Un radar antibruit — Bruitparif
  • La circulation en ville est source de nuisances sonores. Pour lutter contre ce « fléau », le maire de Toulouse a indiqué qu’il s’était porté candidat pour expérimenter les radars antibruit.
  • Aujourd’hui, un dispositif, mis au point par Bruitparif, existe déjà en Ile-de-France au niveau de certaines zones de chantier ou sur la voie publique pour enregistrer les sources de bruit, sans sanctionner.
  • Le ministère de la Transition écologique a annoncé l’expérimentation des radars sonores, qui sanctionneront. Actuellement en tests, les premiers pourraient être déployés sur quelques sites pilotes en septembre.

Il y avait déjà les radars aux feux rouges, pour ceux qui les grillent. Bientôt, il y aura les radars antibruit pour ceux dont les motos et autos pétaradent un peu trop. Le maire de Toulouse a annoncé que la collectivité s’était portée volontaire pour être ville pilote sur ce nouveau dispositif lors de son dernier Facebook live.

« Il peut capter le bruit, en déterminer l’origine sur tel ou tel véhicule, que ce soit un deux-roues ou une automobile, avec un système de transmission de l’information et grâce aux caméras de vidéoprotection d’intervenir sur le véhicule du contrevenant. On fera si l’expérience est concluante on pourra développer cette nouvelle réponse pour combattre ce vrai fléau », a répondu Jean-Luc Moudenc à un internaute qui lui posait la question.

Déjà utilisé en Ile-de-France

Aujourd’hui, il existe un dispositif mis en place par Bruitparif en Ile-de-France depuis plusieurs années. Ce capteur baptisé « méduse » permet grâce à ses quatre microphones et à un capteur optique sur 360° de mesurer en temps réel les niveaux sonores et déterminer leur origine.

Installés sur des chantiers pour vérifier leur nuisance, mais aussi dans certains quartiers, ils ne jouent pas un rôle de radars avec PV à la clé. A l’été 2019, l’association parisienne en a positionné un sur une route départementale de la vallée de la Chevreuse, dans les Yvelines, très appréciée des motards pour ses « 17 tournants » en guise de prévention. Au total, 80 mâts pistant le bruit sont installés en Ile-de-France.

Fort de son expertise, Bruitparif est d’ailleurs sur les rangs avec deux autres entreprises pour mettre au point les futurs radars sonores, en cours de tests sur piste actuellement, et qui devraient être déployés sur des sites pilotes par le ministère de la Transition écologique d’ici à la mi-septembre.

Et peut-être sur la voie publique toulousaine si sa candidature est retenue. « En décembre dernier, le maire de Toulouse a écrit à la ministre afin de participer à l’expérimentation des radars de bruit des véhicules autorisés. L’engagement de cette expérimentation, dans le cadre d’un accompagnement avec les services ingénierie de l’Etat devrait se préciser dans les prochains jours », indique Patricia Bez, adjointe au maire en charge de la prévention des risques liés aux bruits, sans pouvoir indiquer pour l’instant le nombre de radars installés à l’avenir.

Mais s’ils enregistrent les nuisances dans un premier temps, ils ne devraient pas être amenés à dresser des PV avant l’an prochain, une fois qu’un décret d’application de l’article de la Loi d'orientation des mobilités (LOM) concernant leurs expérimentations sera paru.