Salon de l'auto 2018: Monospaces, espèce en voie de disparition

MONDIAL DE L'AUTO Un temps roi du marché, le monospace n'a pu résister à l'ascension fulgurante du SUV. A tel point que les cadors d'hier sont obligés de se battre pour leur survie. Pour eux, le choix est clair : s'adapter ou disparaitre. Et le Mercedes Classe B présenté à la porte de Versailles ne fait que confirmer cette tendance...

20 Minutes avec agences

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 Le style plus effilé du Classe B traduit un désamour du public pour les monospaces traditionnels.
 Le style plus effilé du Classe B traduit un désamour du public pour les monospaces traditionnels. — © Mercedes

Mercedes présente pour la première fois la troisième génération de son Classe B au Mondial de l'Automobile. Un nouveau modèle qui est bien moins typé « monovolume » que celui qu'il remplace. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil à l'allure du nouveau venu : en attendant les dimensions définitives du modèle, on constate une fluidification des lignes, et un profil qui hésite désormais entre le break et la berline compacte. 

Tendance « crossover »

Le SUV à l'étoile s'inscrit ainsi dans une tendance généralisée de désamour du public pour le monospace traditionnel. Un regard sur le marché le confirme : les constructeurs qui disposent encore d'un tel véhicule dans leur gamme ont tendance à le laisser finir sa carrière sans lui offrir de remplaçant, et seuls les ténors continuent de promouvoir leurs modèles. Et même pour ces derniers, l'avenir est loin d'être radieux. Chez Citroën, on entrevoit mal l'avenir du C4 SpaceTourer (la marque ayant récemment arrêté les frais liés à l'utilisation du pseudonyme « Picasso »), pris en étau entre un Berlingo à la montée en gamme évidente, et un SUV C5 Aircross (également dévoilé au Mondial) à l'habitabilité et à la modularité dignes d'un monospace compact. Renault a, de son côté, déjà quelque peu revu la copie de ses Scenic et Grand Scenic. S’ils restent spacieux et habitables, ils ont abandonné le sacrifice du « tout pour la famille » pour arborer un style plus profilé et des grandes jantes qui le rapprochent de l'univers très en vogue du SUV. Reste l'exception des BMW Série 2 Active Tourer, Volkswagen Touran, et Opel Zafira. Mais pour combien de temps encore ?

Dans le sillage des « grands »

Cette tendance, les grands monospaces en ont déjà fait les frais. Les Citroën C8, Peugeot 807 et Fiat Ulysse ne sont plus que des lointains souvenirs, le Chrysler Voyager est désormais réservé à son marché domestique après avoir tenté de survivre sous le badge Lancia, et japonais et coréens n'ont même pas cherché à tenir le segment sous perfusion. Ne reste finalement que les Volkswagen Sharan et son cousin Seat Alhambra, mais même ces derniers semblent condamnés à jouer les prolongations puisqu'ils sont désormais âgés de près de 10 ans. Quant au Renault Espace, il a, lui aussi, opéré sa mue voilà quelques années pour prendre l'allure d'un gros break surélevé sous le signe d'une montée en gamme perceptible.

Quel choix pour les familles ?

Quasi-orphelines de ces monospaces petits et grands, vers quoi peuvent aujourd'hui se tourner les familles en quête de beaucoup d'espace ? Les SUV d'une part puisque, heureusement, certains à l'image du Peugeot 5008 ou du Citroën C5 Aircross ont bien appris leurs leçons sur ces sujets. Ou vers les camionnettes aménagées, type Renault Trafic, Volkswagen Transporter, Caravelle ou Mutlivan, ou encore le grand Mercedes Classe V, seule représentant du grand monospace de luxe.