Salon de l'auto 2018: Voitures électriques, la solution aux problèmes de pollution ?

MONDIAL DE L'AUTO Entre scandales des normes d’émissions et enjeux climatiques, la planète automobile tente de se racheter une vertu via l’électrification. Mais la voiture électrique est-elle vraiment la solution à tous nos problèmes de pollution ?

20 Minutes avec agences

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La Renault Zoé est la voiture électrique la plus vendue en France.
La Renault Zoé est la voiture électrique la plus vendue en France. — © Renault

Partout, la voiture électrique est présentée comme une voiture « propre », exempte d’émissions polluantes. Et c’est vrai… à l’usage ! Mais pour comparer objectivement voiture électrique et thermique, il convient de prendre en compte son cycle de vie complet intégrant sa construction, l’énergie nécessaire à son fonctionnement et sa production, les émissions au pot d’échappement et le recyclage.

Une fabrication qui nécessite une grande quantité d'énergie

Or, les voitures électriques nécessitent des matériaux spécifiques pour leur fabrication. Bien que les constructeurs commencent à y renoncer, beaucoup de moteurs utilisent des « terres rares », qui sont en fait des métaux (cérium, lanthane, néodyme) disponibles en abondance en Chine, en Amérique du Nord et dans les pays d’Afrique du Sud. Mais leur extraction demande une grande quantité d’énergie.

Il en est de même pour le Cobalt, le Nickel et le Lithium, indispensables à la majorité des batteries, extraits au Cameroun et en Bolivie principalement, dans des conditions environnementales hasardeuses. L’ADEME (Agence de l’Environnement et le Maitrise de l’Energie) chiffrait à 70.000 mégajoules l’énergie nécessaire à la fabrication d’une voiture thermique, contre 120.000 pour une voiture électrique.

Peu d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables

Et puis il y a toute la phase de production de l’énergie qui est remise en question. En France, seuls 18% de l’électricité était produite à partir d’énergies renouvelables et de bioénergie en 2017 selon RTE. Le resté étant produit par les énergies fossiles et nucléaires.

En prenant tout cela en compte, le constructeur japonais Mazda chiffrait l’an dernier les rejets de CO2 globaux d’une voiture électrique à 128 g/km. Une empreinte écologique plutôt contenue certes, mais finalement assez proche de celle d’une voiture thermique dans le même calcul. Et surtout, loin du zéro émissions promis !

Il n’est toutefois pas question de jeter l’opprobre sur la voiture électrique. Cette dernière permet sans conteste de réduire l’impact écologique lié au transport routier, et de réduire la densité de particules fines dans l’air des grandes métropoles. Elle a également le pouvoir d’augmenter notre indépendance énergétique en réduisant les importations de pétrole.

Retrouvez notre dossier spécial sur le Mondial de l'auto 2018.