Rennes: Après des années noires, l’usine PSA a retrouvé la santé

AUTOMOBILE La fabrication du nouveau C5 Aircross de Citroën a démarré sur le site de La Janais…

Jérôme Gicquel

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Environ 3.700 salariés travaillent à l'usine PSA de la Janais, contre près de 10.000 en 2000.
Environ 3.700 salariés travaillent à l'usine PSA de la Janais, contre près de 10.000 en 2000. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La production du nouveau C5 Aircross de Citroën a démarré sur le site de la Janais.
  • Frappée par un plan social en 2013 et menacée de fermeture, l’usine rennaise a retrouvé le sourire.
  • 150.000 véhicules devraient sortir de l’usine l’an prochain.

Avec l’arrivée de la nouvelle Citroën C5 Aircross sur les lignes de montage de la Janais, l’usine s’apprête à vivre une nouvelle ère. Il n’y a pas si longtemps pourtant, on la pensait condamnée. Frappée de plein fouet par un plan social, l’usine de la Janais n’en menait pas large. « Beaucoup nous ont vus morts et enterrés », reconnaît Jean-Marie Bertho, délégué syndical de la CFE-CGC (cadres).

Le site doit sa survie à un accord signé en 2013 entre la direction et quatre organisations syndicales. A l’époque, le constructeur automobile s’était engagé à attribuer un véhicule à chaque usine du groupe. En 2017, la Janais s’était vue confier la fabrication du SUV 5008 de Peugeot. Une bonne pioche tant le modèle cartonne avec 86.000 ventes enregistrées l’an dernier.

Des prévisions de ventes de 100 à 120.000 véhicules pour le C5 Aircross

Entre-temps, un nouvel accord propre au site rennais avait été signé en 2016. En échange d’un gel des salaires pendant trois ans de 2017 à 2019, la direction de PSA avait annoncé un investissement de 100 millions d’euros pour accueillir un nouveau véhicule. En l’occurrence le nouveau C5 Aircross de Citröen, dévoilé la semaine dernière, dont la production vient tout juste de démarrer.

Avec des prévisions de ventes de l’ordre de 100 à 120.000 véhicules pour ce nouveau SUV, auxquelles s’ajoutent celles de la 5008, l’usine rennaise peut voir l’avenir sereinement. De quoi redonner le sourire aux salariés de l’usine, minés par les licenciements et la multiplication des jours chômés ces dernières années. « On peut parler d’une renaissance », assure Jean-Marie Bertho.

Une cadence retrouvée mais « des conditions dégradées »

La cadence retrouvée, avec 100.000 véhicules qui sortiront de l’usine cette année, et peut-être 150.000 dès l’an prochain, de nouveaux problèmes se posent à La Janais. L’usine étant bientôt au maximum de ses capacités, PSA envisage de délester une partie de la production de la 5008 à l’usine de Sochaux. « Notre crainte, c’est que l’on perde la totalité de la production de ce véhicule. Nous ne voulons pas passer en mono-produit, c’est dangereux », souligne Laurent Valy de la CFDT.

Le syndicat dénonce également « le climat détestable » qui s’est instauré dans l’usine. « On est à plein régime. La direction demande beaucoup aux équipes qui multiplient les heures supplémentaires et doivent même travailler certains week-ends », dénonce-t-il. Même son de cloche à la CFE-CGC. « Le rythme n’est pas tenable. Il faut vite retrouver un mode de fonctionnement plus sain », souligne Jean-Marie Bertho. Les syndicats réclament donc à la direction des embauches ainsi que la levée du gel des salaires.