VIDEO. Mulhouse: Comment PSA s’est transformé pour relancer le groupe

AUTOMOBILE Le groupe PSA, qui connaissait une grave crise en 2012-2014 affiche aujourd’hui des bénéfices importants lui permettant d’investir et de regarder vers l’avenir…

Gilles Varela

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La construction de la nouvelle 5008 a déjà démarré à l'usine PSA de La Janais.
La construction de la nouvelle 5008 a déjà démarré à l'usine PSA de La Janais. — PSA

Il n’y a pas si longtemps encore, en 2012-2014, le groupe PSA passait au bord de la catastrophe et perdait des centaines de millions d’euros chaque mois. Aujourd’hui, les voyants sont au vert et le groupe dégage des bénéfices importants, lui permettant de se tourner vers l’avenir et investir. Ce vendredi le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et le PDG du groupe PSA Carlos Tavares (Peugeot, Citroën, DS, Opel-Vauxhall) se rendront à l’usine de Mulhouse (Haut-Rhin) pour visiter l’atelier de montage de la toute nouvelle DS7 Crossback, un véhicule premium monté à l’usine PSA de Mulhouse.

Mais comment le groupe a-t-il réussi à remonter si vite la pente et produire, en France, plus d’un million de véhicules en 2017 et investir 1,8 milliard d’euros dans ses usines françaises entre 2014 et 2017 ? Si ce redressement coïncide avec l’arrivée du Carlos Tavares, plusieurs éléments expliquent aussi cette remontée spectaculaire.

Une reprise des ventes en Europe. « Les ventes ont progressé significativement depuis 2014, même un peu avant, particulièrement en Europe et PSA est un groupe qui est encore très dépendant du marché européen, explique Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem de l’automobile. Il était jusqu’alors difficile pour PSA de voir ses résultats financiers s’améliorer, très implanté en Europe du sud où le marché avait beaucoup souffert [Espagne, Italie]. Mais, globalement la croissance est forte partout en Europe et donc cela a permis à PSA d’augmenter ses capacités de production dans les usines. »

A cela s’ajoute le rachat d’Opel en mars 2017, un choix stratégique qui lui permet de devenir le deuxième constructeur européen, et qui permet au groupe d’être présent avec des volumes plus importants, indispensables aujourd’hui dans l’industrie automobile qui besoin de produire beaucoup de voiture pour amortir les investissements.

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Accords de compétitivités mais… Des discussions avec les syndicats pour augmenter la productivité des usines et des accords de compétitivité ont été signés dès 2014, pour trois ans. Accords qui ont été reconduits l’année dernière. « L’idée est que les usines françaises du groupe soient plus compétitives et cela a eu effet important sur la rentabilité de PSA, cela a été primordial pour retrouver le chemin de la croissance », assure Flavien Neuvy.

Les lignes de montage sont davantage robotisées, la logistique pour éviter aux ouvriers trop de déplacements pour prendre les pièces à monter sont nettement plus efficientes et communes aux différents modèles, d’où des économies d’échelles. Mais avec une montée en cadence sur les lignes de montage.

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« Il y a plus de gestes à faire, de surcharge de travail, mais pas plus de bras. Je n’ai plus le temps de souffler », déplore Julien Wostyn, délégué syndical CGT à PSA Mulhouse. « Il y a une course à la rentabilité, mais pas d’emplois en plus, et les salaires sont sur certains sites gelés. Il y a 5.200 salariés en CDI à l’usine de Mulhouse, mais chaque année 400 à 500 salariés en moins, avec les congés seniors [qui sont toujours comptés comme effectif mais ne travaillent plus concrètement], les différents plans aux départs, poursuit le syndicaliste. Il y a beaucoup d’intérimaires, 1.400 sur le site de Mulhouse dont 800 vont sur les lignes où les conditions sont plus dures et demandent une certaine condition physique. »

Des voitures qui séduisent. Avec la DS7 Crossback dont le ministre visitera la ligne de montage vendredi, le groupe vise l’excellence, le prémium. « PSA propose des modèles qui marchent très bien, le 3008 crossover, la 308… Avec DS, le groupe a une gamme qui répond à l’attente des automobilistes, explique Flavien Neuvy. Globalement les ventes de PSA sont portées par des modèles qui ont rencontré un vif succès commercial. Mais le prémium c’est un objectif très difficile à atteindre, car les Germaniques sont présents depuis très longtemps sur ce créneau, c’est une clientèle extrêmement exigeante. »

Oui, mais voilà. Ce sont des ventes plus rentables avec des prix de ventes plus élevés donc pour PSA, qui a une forte implantation en France, « c’est aussi une façon de pouvoir continuer à fabriquer des voitures en France car ce sont des voitures plus chères aussi et qui peuvent supporter des coûts de production un peu plus élevés. Ce n’est pas une condition sine qua non, mais c’est très important pour PSA d’être sur ces segments-là. Même si ce n’est pas ça qui le fait le gros des volumes. C’est plutôt les SUV, aujourd’hui qui représentent 30 % des ventes en France », précise Flavien Neuvy. Une stratégie d’autant plus payante que le groupe a annoncé l’abandon des moteurs diesel en 2025 (qui est pourtant l’un de ses points forts) et son intention de proposer d’ici à 2025 une version électrique pour l’ensemble de ses véhicules… pour être dans l’air du temps.