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Épinglée pour sa langue de bœuf d’Amérique du Sud, Hénaff se défend

« On nous attaque alors qu’on est transparent »… Épinglée pour sa langue de bœuf d’Amérique du Sud, Hénaff se défend

« PRODUIT EN BRETAGNE »Célèbre pour son pâté, la marque bretonne Hénaff se fait attaquer sur les réseaux sociaux pour sa langue de bœuf qui provient d’Amérique du Sud
Jérôme Gicquel

Jérôme Gicquel

L'essentiel

  • En plein débat sur l’accord avec le Mercosur, la marque bretonne Hénaff se fait attaquer sur les réseaux sociaux pour sa langue de bœuf en provenance d’Amérique du Sud.
  • « On se fait pointer du doigt alors que l’on joue la carte de l’honnêteté et de la transparence », se défend Loïc Hénaff, PDG de l’entreprise familiale.
  • La marque explique qu’elle n’a pas d’autre choix que d’importer ses langues de boeuf d’Amérique du Sud « pour une question de quantité insuffisante sur le marché français, mais aussi de taille de langue et de fermeté ».

Tout est parti d’un article publié lundi matin sur le site d’Ici Armorique avant que la polémique ne rebondisse sur les réseaux sociaux. Une boîte de langue de bœuf de la marque Hénaff à la main, un internaute, suivi par plus de 31.000 abonnés sur X, s’insurge que la viande cuisinée en sauce provienne d’Amérique du Sud.

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La marque bretonne ne cherche d’ailleurs pas à le cacher, mentionnant noir sur blanc (ou plutôt blanc sur rouge en l’occurrence) sur l’étiquette de ladite boîte qu’il « s’agit de la meilleure source d’approvisionnement connue à ce jour pour répondre à nos exigences qualitatives et techniques ».

Certains internautes appellent au boycott

Mais en plein débat sur l’accord entre l’UE et le Mercosur, qui doit être signé samedi au Paraguay, le tweet a vite fait réagir. Comment donc cette fierté bretonne, célèbre pour son pâté, peut-elle importer de la viande de bœuf d’Amérique du Sud alors que la Bretagne est la première région d’élevage pour la viande, s’interrogent certains, d’autres appelant même au boycott de la marque.

Pour Loïc Hénaff, PDG de l’entreprise familiale basée à Pouldreuzic (Finistère), cette polémique est « une grande injustice ». « On nous attaque alors que l’on joue la carte de l’honnêteté et de la transparence », peste-t-il, fustigeant « une balle perdue ». Le dirigeant assure que sa boîte a « toujours privilégié l’achat local dès que possible » depuis sa création en 1907 et que « 98 % » de la viande qu’elle achète est d’origine France. « Et 91 % d’origine bretonne », ajoute-t-il.

Pas d’autre choix que de se fournir en Amérique du Sud

Les 2 % restants proviennent donc d’Amérique du Sud où l’entreprise se fournit en langue de bœuf. Pas par amour pour le Brésil ou l’Argentine, mais parce qu’elle n’a pas d’autre choix. « Les langues de bœuf Hénaff viennent d’Amérique du Sud depuis le siècle dernier pour une question de quantité insuffisante sur le marché français, mais aussi de taille de langue et de fermeté », rappelle l’entreprise. « On a bien essayé de relocaliser cet achat de viande, mais on n’y est pas arrivé », appuie Loïc Hénaff, parlant d’un achat « anecdotique » pour un produit qui ne pèse pas lourd dans leur gamme. « Mais on ne le cache pas et c’est bien écrit sur la boîte », poursuit le chef d’entreprise.

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Tout comme la mention « Produit en Bretagne » dont le logo est fièrement affiché sur la conserve, certains internautes criant au mensonge. « On a le droit d’avoir ce label car il y a des ingrédients qui proviennent de Bretagne et que le produit est transformé dans la région », répond Loïc Hénaff, qui craint déjà les conséquences de ce « shitstorm ». « Ce genre de polémiques aura pour conséquence que des concurrents vont cacher l’origine de leur viande », estime-t-il. Ce qui est déjà le cas, certaines marques mentionnant seulement sur leurs produits que la viande est « non UE », mais sans en préciser l’origine exacte.