Cinq choses que vous ne saviez pas sur le pâté Hénaff

GASTRONOMIE La célèbre spécialité bretonne fête cette année son 100e anniversaire…

Jérôme Gicquel

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Près de 35 millions de boîtes de paté Hénaff sont vendues chaque année.
Près de 35 millions de boîtes de paté Hénaff sont vendues chaque année. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Pâté le plus consommé en France avec près de 35 millions de boîtes écoulées chaque année, le pâté Hénaff souffle cette année ses 100 bougies. Retour sur cette saga démarrée en 1917 dans le Finistère à travers quelques anecdotes glânées du côté de Pouldreuzic.

1. Il est entièrement produit en Bretagne

Le pâté Hénaff fleure bon la Bretagne. C’est à Pouldreuzic (Finistère), en plein cœur du pays bigouden, que la célèbre petite boîte bleue a vu le jour en 1915. Le pâté Hénaff peut également se targuer d’être 100% pur porc breton. «Nous ne travaillons qu'avec des producteurs locaux», assure le directeur Loïc Hénaff. L’entreprise dispose même de son propre abattoir. «Nous réceptionnons chaque soir 200 à 250 cochons. Ils sont douchés toute la nuit par une pluie fine pour éviter le stress et afin qu’ils soient propres. Ils sont ensuite abattus le matin à raison de 40 cochons par heure», précise Loïc Hénaff. La mise en boîte est également assurée directement sur le site de Pouldreuzic, qui emploie 227 salariés.

2. Il est affiné pendant six semaines

Une fois le porc abattu, toute sa viande est transformée en une sorte de chair à saucisse. Celle-ci est placée toute crue dans une boîte vide en acier. Ce n’est qu’ensuite que le pâté va être cuit et la boîte stérilisée pendant près d’une heure à 120°C, grâce au procédé de l’appertisation. Mises sur palette, les boîtes de pâté prennent alors la direction d’une cave d’affinage où elles vont être stockées pendant six semaines. «On a besoin de ce temps de maturation pour développer le goût et la texture du pâté», précise Loïc Hénaff. 

3. Il séduit même les people

Comme la bière Guinness des Irlandais, le pâté Hénaff fait partie de l’ADN de tout vrai breton. Un Club des Amoureux du pâté a même vu le jour en 2006. Il compte aujourd’hui plus de 10.000 membres, parmi lesquels quelques personnalités. On peut notamment citer les navigateurs Bernard Stamm, Roland Jourdain, Marc Guillemot, la Miss France 2011 Laury Thilleman, le musicien Alan Stivell, l’écrivain Erik Orsenna ou le chef étoilé Olivier Roellinger. Le pâté Hénaff a même sa Garden Party, la Garden Pâté, célébrée chaque été à Pouldreuzic. Pour fêter le centenaire du «pâté du mataf» (matelot), une grande fête se déroulera le 23 août autour de la Maison du Pâté Hénaff, véritable musée dédié à la petite boîte bleue.

4. Il part à la conquête de l’espace

Non content de sillonner la planète, le pâté Hénaff s’aventure même dans l’espace. Fin 2013, l’entreprise familiale a en effet été choisie pour concocter, en lien avec le chef Alain Ducasse, une quinzaine de plats cuisinés pour les astronautes de la Station spatiale internationale. Hénaff a été retenue car c'est la seule conserverie en France à disposer, depuis 2008, de l'agrément USDA, décerné par l'administration américaine, pour les produits à base de viande.

5. Il a été interdit pendant la Seconde Guerre mondiale

Très prisé par les soldats sur le front, le pâté Hénaff a, comme toutes les autres marques de pâtés, été proscrit pendant la Seconde Guerre mondiale. Une disposition officielle interdisait jusqu’en 1948 le commerce de la viande en boîte. En 1949, Hénaff est enfin de retour dans les commerces avec un message diffusé dans les journaux de l’époque : «Enfin, il revient le bon Pâté Hénaff.» Le pâté breton nourrit depuis des régiments entiers, l’entreprise étant partenaire de l’armée française depuis 1920.­­­