VIDEO. Finale Coupe Davis France-Belgique: Pourquoi ça va passer cette fois? Bah parce qu’il y a Tsonga

TENNIS Contre la Belgique, le meilleur joueur tricolore va disputer sa première finale à 100% de ses moyens…

Julien Laloye

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Jo-Wilfried Tsonga et Yannick Noah lors du tirage au sort.

Jo-Wilfried Tsonga et Yannick Noah lors du tirage au sort. — Philippe HUGUEN / AFP

  • Tsonga était absent ou diminué lors des finales précédentes.
  • Il est le seul des mousquetaires à assumer son statut dans l'épreuve.

Il est temps d’avouer. Ca doit faire dix ans qu’on vous raconte des fariboles sur cette histoire de mousquetaires alors que lorsque l’on en vient à la Coupe Davis, il y a d’Artagnan-Tsonga devant et les autres loin derrière sur la photo. Si on devait résumer le rôle des uns et des autres en équipe de France, ça donnerait ça. 

  • Monfils déçoit rarement mais ne vient jamais (12 victoires pour 2 défaites).
  • Gasquet déçoit régulièrement quand il vient (16v/11d).
  • Simon vient à chaque fois qu’on l’appelle et déçoit presque toujours (8v/10d).
  • Tsonga vient aussi souvent qu’il peut et ne déçoit jamais (26d/8d).

Cette génération a beau se tenir depuis son plus jeune âge, les chiffres parlent d’eux-même. En attendant de savoir si Pouille ne se fait pas manger par les petits cochons sur le champ de bataille lillois, Tsonga, diminué lors des deux dernières finales disputées par les Bleus, est notre seule raison de penser que la spirale de la lose va enfin s’arrêter ce week-end, après 16 ans à attendre un dixième saladier d’argent, le seul trophée qu’un tennisman tricolore peut espérer remporter en l’état.

Sur le pont tout le week-end?

On peut même vous dire comment c’est censé se passer : sous pression après la victoire inaugurale de Goffin contre Pouille vendredi, Tsonga fait de la pâte à modeler avec le petit corps de Steve Darcis pour nous ramener à égalité. Le samedi, il fait équipe avec Gasquet pour écraser un double belge bien faiblard sur le papier, et le dimanche, il nous épargne le stress d’un cinquième match au scalpel en roulant sur un Goffin cassé de partout.

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Est-ce que ça va se passer comme ça ? On a eu envie de demander à Arnaud Clément, qui est toujours parti à la guerre avec Tsonga pendant son capitanat. « Jo a souvent été le mieux classé de tous, donc il a naturellement eu la légitimité du terrain, le rôle de celui qui irradie le groupe de sa confiance ». MAIS, parce qu’il y a un mais, ce n’est jamais allé plus loin que le tennis.

«En France, on n’a pas trop cette mentalité de porter le costume de l’intérieur du groupe, généralise Clément. Jo n’a jamais été du genre à dire "suivez-moi", et je ne l’ai jamais poussé en ce sens.  A vouloir mettre ce type de pression, on prend le risque de le faire au détriment de sa performance individuelle. Il faut que ça se fasse naturellement, ou ce n’est pas la peine ».

Voilà pour la version officielle. La réalité est un peu différente, comme souvent. Bien qu’il s’en défende, Tsonga utilise son bilan pour mener tout le monde à la cravache. Le staff se souvient encore de sa gueulante en Argentine, en 2013, sur l’air de « j’en ai marre d’être entouré par des branques », quand la France trouvait le moyen de paumer malgré les deux victoires de son numéro 1 en simple. « Disons qu’il avait montré un peu de frustration », résume sobrement Clément. Tout le monde avait alors choisi de baisser les yeux, et tant pis pour certains egos froissés (Gasquet, soupçonné de se cacher un peu trop souvent, avait pris pour son matricule).

Effacer le malentendu de 2014

Mais ça, c’était avant la rupture de contrat, contre les Suisses. Même période, même endroit (Lille), et Tsonga qui cache à tout le monde une douleur au coude trop gênante pour lui permettre d’évoluer à 100% en finale. Il y va quand même, prend une volée contre Wawrinka, et plombe le reste du week-end en abandonnant le double à son triste sort. Arnaud Clément n’en démord pas. « Je l’ai déjà dit, on peut toujours faire les choses différemment, mais je n’ai pas de regret sur mes choix ce week-end là. Je referais la même chose sans hésiter ». Tsonga non plus. C’était au capitaine de lui faire entendre raison, pas à lui de se retirer en grand prince.

Depuis, le fil s’est clairement distendu depuis entre le 15e joueur mondial et la Coupe Davis. Il a même failli rompre définitivement cette saison, quand Tsonga a commencé à raconter qu’il sécherait la demi-finale pour être le témoin de mariage de son meilleur ami. Cela aurait été dommage. «C’est clairement la finale où je me sens le mieux, même si je touche du bois parce qu’il reste du temps, expliquait le bonhomme la semaine dernière. Ne pas avoir de douleurs, c’est top. J’ai vécu des trucs tellement pénibles dans ma carrière, et là je me dis qu’on a encore une chance de pouvoir aller la chercher ».  Il s’agirait de la saisir, pour une fois.