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« L’esprit même de la haute couture » : Qui était Mathilde Favier, disparue brutalement dans un accident ?
Mathilde Favier, directrice des relations publiques de Dior, et son compagnon, le producteur Nicolas Altmayer, sont décédés dans un accident de la circulation ce lundiC.P.
L'essentiel
- Mathilde Favier, directrice des relations publiques chez Dior, est décédée dans un accident de la route avec son compagnon Nicolas Altmayer, producteur.
- Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de la disparition de cette Parisienne influente, autrice de l’ouvrage Mathilde à Paris.
- « C’était une femme exceptionnelle dont la joie de vivre, le talent et la loyauté étaient exemplaires », a déclaré Delphine Arnault, PDG de Dior, dans un communiqué.
«Un soleil », « la joie », et « l’élégance ». Ce sont les termes qui reviennent le plus dans la vague d’hommages rendus à Mathilde Favier, décédée dans un accident de la route ce lundi, au côté de son compagnon Nicolas Altmayer, producteur des films OSS 117 et Brice de Nice. Le véhicule du couple « a percuté un poids lourd circulant en sens inverse, alors qu’ils doublaient un autre véhicule », a fait savoir le vice-procureur de Niort, Nicolas Leclainche.
« Dior a le profond regret d’annoncer le décès accidentel de Mathilde Favier. [Elle] a apporté une contribution exceptionnelle à la renommée de Christian Dior Couture grâce à son engagement et à son élégance », a publié la marque française sur ses réseaux sociaux. Mathilde Favier y était directrice des relations publiques, et plus encore une figure indissociable de la maison de couture. « Mathilde était l’esprit même de la haute couture », a déclaré de son côté Jonathan Anderson, directeur artistique de Dior.
La mode, un chemin tout tracé
Mathilde Favier a grandi entouré de créatifs, notamment dans le milieu de la mode, comme son oncle, Gilles Dufour, bras droit de Karl Lagerfeld chez Chanel. C’est d’ailleurs au sein de la maison de la rue Cambon qu’elle effectue son premier stage. Le chemin semble tout tracé, mais elle passera d’abord par la presse féminine, chez Glamour, avant de bifurquer définitivement vers la voie des relations publiques, toujours dans le même univers. « La mode est dans mon ADN. C’est sans doute la raison pour laquelle je me suis toujours sentie très confortable dans ce milieu tout en gardant un immense recul », expliquait-elle à L’Officiel en 2020.
Où elle passe, la Parisienne parvient à faire rimer élégance et audace avec ce je-ne-sais-quoi qui fait toute la différence. « Pour Glamour, tu avais réussi l’exploit de faire venir David Ginola pour un nu inoubliable signé Mario Testino », se remémore Carine Roitfeld dans un émouvant hommage. Après le journalisme, les grandes maisons de luxe se rappellent à elle, à commencer par Prada où elle officiera en tant que responsable de la communication, puis Dior dont elle devient une figure emblématique, et l’une de ses meilleures ambassadrices.
Une Parisienne oui, mais solaire
Mais pas seulement celle de la maison Dior. Mathilde Favier était aussi l’une des plus grandes représentantes du chic à la parisienne, comme on l’entend souvent. Son compte Instagram, où se côtoient clichés de tapis rouges, galas, fêtes mondaines, et de sa passion pour les arts, la mode, la décoration ou la gastronomie (healthy), en témoigne. Plus que la mode, c’est tout un art de vivre que la quinquagénaire se plaisait à partager avec ses proches, ses abonnés et les lecteurs de son livre Mathilde à Paris. Une ouverture sur « son monde, à la découverte des personnes et des lieux qui l’inspirent. »
« La Parisienne n’existe pas, mais, si quelqu’un incarne l’esprit de Paris dans ce qu’il a de plus radieux, c’est Mathilde Favier », peut-on lire dans le résumé de l’ouvrage. La Parisienne à l’état pur, oui et non, car la directrice des relations publiques de Dior n’en avait pas exactement toutes les caractéristiques. « C’est tellement français de se plaindre. Je suis quelqu’un de très souriante », avait-elle confié au Times en 2024. Un sourire franc, pétillant, des yeux rieurs, « ce don pour illuminer la pièce dans laquelle elle entre », comme le disent ses proches qui lui rendent aujourd’hui hommage.
« Une femme exceptionnelle »
Chez Dior, elle recevait et habillait les célébrités de tous horizons, toujours avec goût et… audace. « Je leur propose toujours des pièces qui leur vont tout en leur faisant prendre de petits risques esthétiques. Pour qu’elles osent explorer d’autres facettes de leur personnalité », a-t-elle confié à VanityFair en 2022. « Oser est quand même plus drôle et surtout, cela fait de soi quelqu’un. » Mathilde Favier assurait d’ailleurs régulièrement que l’élégance n’était pas une question de moyens, ni de vêtements, mais d’allure et… d’audace.
La Parisienne, qui ne souhaitait pas être perçue telle une influenceuse, était au moins une véritable source d’inspiration. Pour celles et ceux qui la suivaient, de loin, mais surtout pour ses proches, les relations nouées au fil des années. Et elles sont nombreuses au regard de la déferlante d’hommages qui circulent depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux. « C’était une femme exceptionnelle dont la joie de vivre, le talent et la loyauté étaient exemplaires », a conclu Delphine Arnault, PDG de Dior, dans un communiqué.



















