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Un AirTag dans un livre rarissime a révélé une pratique discutable d’Amazon

IA : Comment un AirTag dans un livre rarissime a révélé une pratique d’entraînement discutable choisie par Amazon

INVESTIGATIONSUne récente enquête menée par des spécialistes a montré qu’Amazon achète massivement des livres rares ayant une valeur historique et intellectuelle avant de les détruire en les scannant pour nourrir ses IA
20 Minutes avec agence

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La pratique serait désormais généralisée chez les géants de l’IA. Une enquête menée par 404 Media et publiée ce lundi a permis de montrer qu’Amazon, tout comme Anthropic, détruit des livres en les numérisant pour nourrir son intelligence artificielle. Certains de ces livres sont rares, ce qui soulève de nombreuses questions éthiques. L’entreprise a confirmé l’utilisation de cette méthode, sans toutefois parler explicitement d’entraînement de ses modèles d’IA.

Pour dévoiler ces pratiques d’Amazon, le média spécialisé a placé un AirTag d’Apple dans un livre rare qui semblait être une cible de choix pour les entreprises spécialisées dans l’IA. Ces dernières privilégient particulièrement ce type d’ouvrages pour entraîner leurs modèles de contenus qui ne sont généralement pas présents sur Internet. Ils n’ont donc pas encore été captés par ces sociétés. Seuls les ouvrages datant d’avant 2022, soit avant l’avènement de l’IA, sont recherchés, afin d’éviter de nourrir le modèle avec ses propres résultats.

Les révélations d’un géant de l’IA

Beaucoup d’entreprises développant un modèle d’IA sont soupçonnées d’acheter en gros des livres, sans se soucier du contenu de ces ouvrages ou de leur prix, puis de les détruire en coupant leur dos afin de les scanner rapidement et à moindres frais. Les libraires, qui constatent depuis plusieurs mois ce type d’achats sur les places de marché, n’ont cependant pas la possibilité de savoir qui sont les acheteurs. Anthropic, l’entreprise derrière Claude, était jusqu’à aujourd’hui la seule à avoir dû révéler cette pratique en juin 2026, dans le cadre d’un procès pour violation de droit d’auteur.

Amazon a donc désormais rejoint cette liste. 404 Media a en effet pu suivre à la trace ce livre rare acheté sur la plateforme Biblio en même temps qu’un millier d’autres œuvres. Il a fini dans un entrepôt d’Amazon de Las Vegas (Etats-Unis). Ce lieu, qui arbore un logo généré par IA de T-Rex s’apprêtant à manger un livre, est spécialisé dans cette exploitation massive. « Tout ce que nous faisons, c’est scanner des livres, a ainsi témoigné un salarié. Certains sont affectés à la coupe des livres, et d’autres les réceptionnent avant de scanner leurs codes-barres. »

Amazon réagit

Face à ces éléments, Amazon n’a pu que de confirmer. « Amazon achète des livres via des canaux commerciaux pour aider à développer et à améliorer les produits et services que nos clients utilisent », a réagi la firme, sans donner plus de détails ou confirmer le rapport avec l’IA. Pour certains spécialistes, cette pratique nie les valeurs historiques, intellectuelles et sentimentales que ces livres rares revêtent.