Tour de France 2017: Cette année, c’est la bonne, Chris Froome ne gagnera pas

CYCLISME Le Britannique a craqué dans la montée finale vers Peyragudes qui a vu Romain Bardet s’imposer…

Antoine Huot

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Chris Froome en a bavé jeudi dans la montée vers Peyragudes

Chris Froome en a bavé jeudi dans la montée vers Peyragudes — Christophe Ena/AP/SIPA

  • Romain Bardet a remporté la douzième étape du Tour jeudi
  • Chris Froome a terminé à 22 secondes du Français et perdu son maillot jaune
  • Le Britannique semble avaoir perdu de sa superbe

On a tous eu la même réaction. Quand Kwiatkowski, Nieve et enfin Landa ont emmené à un train d’enfer la petite dizaine de coureurs vers la montée finale à Peyragudes, on s’est tous regardé dans le blanc des yeux en se disant : « Allez, c’est bon, la Sky verrouille tout, Froome va plier la fin d’étape ! » Le scénario était écrit, il n’y avait plus qu’à tourner le film.

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Pourtant, cette fois, ce sont les seconds rôles qui ont été en haut de l’affiche. Romain Bardet, Fabio Aru et même Rigoberto Uran se sont expliqués comme des grands dans ce mur final casse-pattes. Christopher Froome, lui, a franchi la ligne d’arrivée une vingtaine de secondes plus tard et a gardé la tête bien basse, comme s’il fallait encore faire attention aux watts qu’il développait.

Froome devancé par son coéquipier

« Je n’avais pas les jambes », a simplement expliqué le leader de la Sky à l’arrivée, habitué à être un peu plus loquace. Pas de problème mécanique ou de chute, non, pour une fois, Chris Froome a craqué physiquement. Et c’est peut-être ça qui est le plus inquiétant pour le Britannique. Jamais, dans les précédentes éditions de la Grande Boucle, Froome n’avait semblé autant pioché dans ses réserves. Romain Bardet confirme :

« J’ai vu que Froome se retournait beaucoup dans le final, je me suis douté qu’il n’était pas au mieux. »

Et c’est n’est pas la première fois depuis le départ du Tour de France. Rappelez-vous, La Planche des Belles Filles. Pour la première arrivée en côte, le natif de Nairobi au Kenya avait déjà lâché quelques secondes à Aru et Martin. Ça pourrait rester de l’anecdote mais quand on voit que toute son équipe met tout en place pour le faire gagner, on se dit bien qu’il y a une couille dans le potage.

Car pour cette première étape pyrénéenne, la Sky avait décidé de ne pas faire dans la dentelle. L’échappée ? On l’engloutit ! Les adversaires ? Pas de pitié ! Demandez donc à Quintana et Contador s’ils garderont un bon souvenir de cette montée vers Peyragudes. Christopher Froome était servi sur un plateau pour remporter l’étape. Bien emmené par Mikel Landa, il a pourtant craqué. En danseuse, fait inhabituel pour un coureur qui a les fesses vissées sur la selle, il a tenté de combler le trou. En vain. Son coéquipier espagnol a même terminé 17 secondes devant lui. Symptomatique d’une baisse de forme.

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Surtout, cette année, Chris Froome a affaire à deux adversaires qui osent l’attaquer frontalement et sans pincettes. Romain Bardet et Fabio Aru respirent le cyclisme vrai, celui fait de panache et de tentatives audacieuses. Les deux coureurs profitent de la moindre occasion pour se montrer. Finis les coureurs comme Quintana et Porte qui attendent assez sagement derrière le maillot jaune. Alors oui, le triple vainqueur du Tour a encore une belle marge de manœuvre avec le contre-la-montre qui se profile la veille de l’arrivée à Paris. Mais d’ici là, le Français et l’Italien ont pas mal d’opportunités de faire le trou. A commencer par ce vendredi, où le profil de l’étape (101 km) semble taillé pour un coureur comme Romain Bardet. La couronne britannique n’a jamais été aussi proche de vaciller.