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VIDEO. Avant Besiktas-Lyon à Istanbul, on a retrouvé Pascal Nouma, l’ancien footballeur français star en Turquie
FOOTBALL•A quelques heures d’un match retour attendu bouillant entre Besiktas et Lyon à Istanbul, l’ancien footballeur français devenu star en Turquie s’est livré dans sa ville, au milieu des supporters de son club de cœur…Bruno Poussard, à Istanbul
De notre envoyé spécial à Istanbul,
« Tu vas vivre un truc que tu n’as jamais vu de ta vie ». Avec ce gros teasing, Pascal Nouma nous avait promis une sacrée rencontre à Besiktas, à quelques heures du quart de finale retour entre son ancien club et Lyon. Malgré l’ ambiance brûlante, l’ancien attaquant français ne s’est pas échappé, en débarquant au volant de son Range Rover, rap US à fond, baskets aux pieds et casquette sur la tête.
Ici, quelques instants suffisent pour comprendre son aura. A peine arrivé à deux pas du Vodafone Arena, plusieurs hommes traversent la route en courant pour gratter leur selfie. Quelques chants partent bien vite. Plus loin, des livreurs n’hésitent même pas à arrêter leur camion en plein milieu de la rue. Au resto où il nous invite, c’est au tour des serveuses puis du patron de demander une photo.
Une idole au-delà du foot, pour ses frasques puis son côté showman
S’il estime y avoir fait sa meilleure saison, Pascal Nouma n’a pourtant joué qu’un an et demi au Besiktas JK. Mais en Turquie, il est une idole au-delà du foot. Entre un court passage en prison, d’innombrables bastons – sur le terrain ou en dehors, jusque dans une émission de télé-réalité – ou un but célébré en mimant une masturbation – qui lui a valu plus de deux ans d’expulsion du pays –, ses frasques ont commencé par faire largement connaître l’ancien attaquant.
Depuis, on l’a vu un peu partout. Au cinéma. A télé, dans The Voice, Danse avec les stars ou Surviror turcs, puis dans des séries. Sur des publicités. Dans des clubs, en tant que DJ, sa dernière découverte. Et à la radio, depuis plus de cinq ans. « A 6h du lundi au vendredi, c’est un peu Doc et Difool, on parle de tout et de rien, on est libres, décrit-il. On a l’émission la plus écoutée en Turquie sur ce créneau. »
Devant ce succès, son manager lui dégotte toujours de nouveaux plans. Pascal Nouma a même désormais une deuxième émission, à 18h celle-là. « Cette fois, c’est un Français et un Italien qui parlent de choses insolites en turc, alors on se marre, les gens aiment », se vante-t-il. Depuis qu’il a décidé en 2006 de s’installer à Istanbul – devant le manque d’opportunités en France à la fin de sa carrière –, le voilà devenu bilingue.
Un guerrier sur le terrain toujours respecté des supporters, quinze ans après
Il a beau ne plus faire de sport dans son planning chargé, Pascal Nouma reste avant tout aux yeux des supporters du Besiktas le dur joueur qu’il fut en 2000-2001, puis après avoir soigné un cancer, en 2002-2003. C’est au cœur du quartier de Besiktas qu’il faut se rendre, pour comprendre l’image qu’il a laissée. Entre deux photos et deux accolades, la clameur monte. Harcelé, l’attaquant n’hésite pas à braver la foule et ses fumis. Jusqu’à lancer lui-même un chant. « C’est là où je suis né une deuxième fois », justifie-t-il à propos du soutien sans faille du groupe Çarşı, qu’il s’est fait tatouer.
« « L’image qu’ils ont de moi, c’est celle d’un guerrier comme ils n’en ont pas connu avant. J’étais naturel mais pour eux, j’étais fou. Ils apprécient peut-être que quelqu’un leur ressemble sans être Turc, parce qu’ils aiment aussi se battre. Devant les bastons ici, ils me disaient toujours que j’avais des couilles. Et puis, contrairement à beaucoup de joueurs étrangers venus seulement un an ou deux ans pour l’argent, je suis resté, ça explique aussi pourquoi ils sont encore comme ça avec moi. » »
Après une formation au PSG, une stature de titulaire gagnée à Strasbourg et des valeurs humaines apprises à Lens, toujours devant de gros publics, Pascal Nouma estime être devenu « un joueur européen » avec Besiktas. L’apogée de sa carrière, malgré le dépaysement turc total, il y a 17 ans. « Je n’ai jamais aussi bien joué qu’au pied du mur, je crois que je suis un homme de défi », analyse-t-il. Malgré les coups de folie et de flippe en garde à vue, donc…
Mais aujourd’hui, il dit s’être calmé : « Je suis un sage ! Maintenant que je me suis intégré, que j’ai une bonne image, je ne veux pas la salir. A l’époque, je me sentais invincible, je faisais ce que je voulais. Maintenant, je ne bois plus, j’évite de sortir en boîte, je ne m’énerve plus en deux-deux, je réfléchis avant de me battre. Enfin, à ma gauche, il y a toujours le petit diable en moi, mais pour le moment, il est en stand-by, mon ange a pris le dessus. »
« J’y suis très bien, je pense que je mourrai en Turquie »
Le nouveau Pascal Nouma a tellement changé qu’il ne va même plus très souvent au stade. Pas même ce jeudi, dans un match décisif pour la saison du Besiktas contre Lyon. Car à défaut de pouvoir passer inaperçu, l’ancien attaquant craint de voler, sans le vouloir, la vedette à d’autres… « Je ne veux pas prendre le risque d’être plus applaudi en tribunes que les joueurs… Pourtant, ça fait plus de quinze ans que je n’y joue plus, imagine ! »
Pour l’avenir, il a demandé la nationalité turque. Mais pour le moment, ses trois enfants (Marie, 21 ans, Noah, 10 ans, et Elma, 2 ans) vivent en France où il fait des allers-retours, comme lorsqu’il s’est fait remarquer en conférence de presse du PSG début février, en consultant pour une chaîne turque. « Enfin, quand les supporters de Besiktas ont su que j’avais un fils, ils m’ont tout de suite demandé quand il viendra au stade, rebondit-il. Je suis très bien ici, je pense que je mourrai en Turquie. »


















