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Vendée Globe: Les coulisses de la remontée de Didac «Raquil» Costa

Vendée Globe: Pompiers, vent et bons choix... Les coulisses de la remontée de Didac «Raquil» Costa

VOILEL'Espagnol était reparti avec 700 miles de retard sur l'avant-dernier. Il en a déjà repris 600 en une quinzaine de jours...
W.P.

W.P.

Dans la langue de Didac Costa on appelle ça une « remontada ». Le skipper espagnol, toujours dernier de ce Vendée Globe 2016-2017, est sur le point de laisser son statut de lanterne rouge à Sébastien Destremau. Le Français, qui comptait un peu plus de 700 milles d’avance après le deuxième départ du malheureux ibère, a vu son avance fondre de 600 bornes en une quinzaine de jours. Si ça vous intéresse, on vous raconte comment Costa croisières a repris autant de terrain à ses concurrents directs (et pourquoi il ne va pas s’arrêter là).

Le faux-départ et l’aide des pompiers

Petit flashback : à peine une heure après le grand départ, Didac Costa a vu son bloc-moteur prendre l’eau. Conséquence, le générateur d’électricité est noyé et impose un demi-tour immédiat vers le port des Sables d’Olonne.

Là-bas, le « bombero » (pompier) a pu s’en sortir grâce à ses homologues de la ville vendéenne, avec qui il avait sympathisé au cours de la semaine précédant le grand départ. Ces derniers lui ont apporté de quoi se nourrir et se réchauffer, et l’ont surtout aidé pour les premières réparations. Sans eux, le générateur aurait été foutu et le skipper n’aurait pas pu reprendre le large le jeudi 10 novembre.

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Le début de la remontée, la tête dans le guidon

« Les neuf premiers jours, Didac Costa ne voulait pas regarder le classement car il pensait que la course était totalement perdue, qu’il finirait forcément dernier. D’autant plus que devant, les gars avaient une super météo », nous raconte le team-manager du skipper de One planet One ocean, Jordi Griso. Du coup, le bonhomme a foncé la tête dans le guidon le plus vite possible, sans se soucier des autres.

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« Il a essayé d’entrer dans son univers. Une fois qu’il a réussi à trouver le bon rythme, à se faire plaisir il est vite rentré dans la course. C’est un compétiteur, donc il a retrouvé son esprit de combattant », poursuit Griso. Et c’est ainsi que Costa s’est rapidement retrouvé avec un Sébastien Destremau en ligne de mire, à 400 milles.

Du vent, du vent, et encore du vent pour Didac

Ok, notre ami espagnol est très fort, et on ne l’aurait probablement pas retrouvé à la dernière place s’il avait connu un début de course normal. MAIS il faut aussi dire que le bougre a eu pas mal de chance dans son malheur. « Dans le Pot au noir, il a eu des bonnes conditions il n’était pas à l’arrêt comme certains ont pu l’être avant lui. Il y a eu aussi des bons choix de sa part, sans gros changements de cap », analyse son team-manager. Et d’enchaîner :

« « Si vous regardez bien, sa trajectoire depuis le Finistère, c’est une ligne droite quasi-parfaite. » »

On a vérifié sur la carte interactive du Vendée Globe. Bon, là comme ça, ce n’est pas très net, mais on est effectivement sur une trajectoire plutôt linéaire par rapport à des Alex Thomson ou Jean-Pierre Dick, qui se sont amusés à longer les côtes portugaises avant de se raviser.

On vous conseille d'aller sur la carte interactive pour y voir plus clair
On vous conseille d'aller sur la carte interactive pour y voir plus clair - capture d'écran (vendeeglobe.org)

Sébastien Destremau s’en fout de la compétition (et ça aide un peu)

Autre paramètre qui a joué en faveur de l’Espagnol, le type qui le devance n’en a quasiment rien à battre du classement général de l’Everest des mers. C’est pas de nous, mais de Sébastien Destremau himself, sur France 3 régions.

« « Je suis parti sur ce Vendée Globe en laissant mon esprit de compétition sur le quai. […] La position des autres ne m’intéresse pas. » »

On n’est pas sur le genre de gars qui prend plaisir à empêcher ses poursuivants de le doubler. Notre Marc Raquil espagnol n’a donc a priori pas à craindre un retour en force du Toulonnais une fois qu’il aura dépassé ce dernier.

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Alerte Spoiler : Didac Costa va mettre une raclée au gruppetto dans les mers du Sud

Eh ouais. Si on avait de l’argent, on serait près à parier sur une grosse traversée des mers du Sud de la part du pompier. Jordi Griso nous a mis en confiance avec une très belle anecdote censée montrer à quel point son protégé s’y connaissait en « remontadas ».

« Dans la Barcelona World Race il avait 1000 milles de retard sur un bateau. Personne pensait que Didac et son équipier pouvaient réussir à le doubler et pourtant ils ont repris ces 1000 milles dont 800 rien que dans le Sud. Il est très fort dans les mers du Sud, mais tout va dépendre du bateau. »

Le gruppetto peut trembler, la Formule 1 Ibère va foncer à toute vitesse sur l’autoroute du Sud. A condition d’y arriver. Pour l’instant, l’Espagnol se trouve toujours à hauteur du Brésil…