Vendée Globe: Soupe, petits gâteaux et lessive... Si Costa repart, c'est (aussi) grâce aux pompiers des Sables

VOILE Le skippeur espagnol, sapeur-pompier de son état, a pu compter sur le soutien de ses collègues sablais après son avarie très précoce dimanche...

Nicolas Camus
— 
Didac Costa a reçu le soutien des sapeurs-pompiers des Sables d'Olonnes à son retour au port, suite à son avarie lors du premier jour de course.
Didac Costa a reçu le soutien des sapeurs-pompiers des Sables d'Olonnes à son retour au port, suite à son avarie lors du premier jour de course. — Sdis Vendée

Enfin ! Alors que tous les autres concurrents sont lancés depuis bientôt trois jours, Didac Costa doit reprendre la mer, mercredi, . Ou alors jeudi, tout dépendra de la violence de la dépression qui s'annonce dans le golfe de Gascogne. Le navigateur espagnol a gagné l’étiquette de poissard de cette 8e édition. A peine une heure après le grand départ, dimanche, il a vu son bloc moteur prendre l’eau. Résultat, générateur d’électricité noyé et   des Sables d’Olonnes.

C’est là qu’il a pu compter sur un soutien inattendu : celui des sapeurs-pompiers de la ville vendéenne. Alors que Costa était en train de constater les dégâts et parer au plus pressé, ces derniers lui ont apporté de quoi se nourrir et se réchauffer, et surtout ont aidé pour les premières réparations. Il faut dire qu’ils n’étaient pas loin.



(Le point rouge, c’est la caserne)

« Il n’avait personne sous la main pour faire les premières interventions sur le moteur, alors on l’a mis en connexion avec un mécanicien du coin, raconte le commandant Jérôme Réveillère. Ils ont pu démonter les appareils et faire le premier diagnostic pour voir où étaient les pannes. Et puis nous, on a aidé à enlever l’eau en fond de cale et sécher l’intérieur avec du matériel de pompier. C’était très modeste. » Modeste ? Le team manager Jordi Griso n’est pas tout à fait d’accord. « Ils nous ont permis de sauver le moteur ! », dit-il.

Si l’élan a été si spontané, c’est que les pompiers et Didac Costa se sont liés d’amitié la semaine dernière, avant le départ.  dans la banlieue de Barcelone, le Catalan a été invité par ses collègues sablais pour une petite visite de leur caserne. Il y a conquis son monde, aidé par Jordi Griso, qui parle français. « On a créé un vrai lien, assure le commandant. Didac est quelqu’un de très accessible, vraiment plaisant, avec qui on peut échanger. » Alors quand il a fallu donner un coup de main, tout le monde y a mis du sien, y compris pour lui rendre ses vêtements propres, secs et tout bien pliés.

Côté technique, les mécanos « officiels » ont vite pris le relais. Des pièces sont arrivées d’Arcachon lundi soir, et après une courte nuit, l’équipe a bossé d’arrache-pied toute la journée de mardi. Mais ses nouveaux amis ne sont pas loin. « On continue de l’aider. Comme il travaille tard le soir et qu’il commence à faire froid, on lui amène de la soupe bien chaude, du café, des gâteaux. »



Un soutien moral qui aura sûrement aidé Didac Costa à perdre le moins de temps possible pour repartir. Il n’y a plus qu’à espérer que la poisse qui le poursuit - son bateau avait déjà pris la foudre durant son transport vers la Vendée, ce qui avait grillé toute l’électronique - le laisse tranquille. « On y croit ! On se sera là à son départ, pendant sa course et à son arrivée », lance le commandant. Suivre « leur » skippeur presque 24h/24  sera le grand jeu de la caserne des Sables pour les 80 jours à venir.