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Dakar 2015 : Alain Duclos, de la brousse ivoirienne aux dunes d'Amérique du sud

Dakar 2015 : Alain Duclos, de la brousse ivoirienne aux dunes d'Amérique du sud

PORTRAITLe français Alain Duclos a été pris de passion pour le Dakar lorsqu'un concurrent s'est arrêté chez lui, en Côte d'Ivoire, en 1983...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

De notre envoyé spécial à Antofagasta (Chili)

Janvier 1983. Les concurrents du Paris-Dakar s’arrêtent pour une journée de repos à Korhogo, un village situé en pleine brousse dans le nord de la Côte d’Ivoire. A l’époque, pas de bivouac avec des camions d’assistance et des mécanos qui attendent leurs champions. Les pilotes doivent se débrouiller pour se loger, et la plupart du temps trouvent leur bonheur chez l’habitant. Pour le motard français Raymond Loizeaux, ce sera chez les Duclos. Une rencontre qui va marquer à vie Alain, le fils. «J’avais 12 ans et je me suis dit "Wahou, je veux faire ça quand je serai grand". Il a eu la gentillesse de nous envoyer son dossard dédicacé en rentrant en France. De là est née ma passion pour cette course et 17 ans plus tard j’étais au départ de mon premier Dakar», raconte celui qui dispute actuellement son 13e rallye-raid.

>> Retrouvez ici le blog de Bruno Da Costa, motard sur le Dakar

Après le départ de Loizeaux, ce fils d’un Français et d’une Malienne, né à Bamako, s’essaye au pilotage. Avec les moyens du bord. «Bien sûr, je n’avais pas de moto. Mais je faisais du BMX en brousse. Avec mes copains, on construisait des buttes de terre et on faisait des sauts», se souvient-il. Peu de temps après, il trouve tout de même le moyen de goûter au deux roues à moteur. Il se lie d’amitié avec un jeune chirurgien militaire expatrié, qui lui propose un deal : « il me prêtait sa moto l’après-midi et je la lui rendais toute nettoyée le soir. C’est comme ça que j’ai fait mes premiers tours de roues». Ensuite, une famille, les Peillon, s’installe dans les environs et font venir des motocross de France.

La passion est là, définitivement. Mais elle va mettre longtemps à s’exprimer réellement. Les études à Paris et un départ au Danemark pour y travailler en tant que conducteur de travaux en génie civil l’éloignent de la moto. «Et puis je me suis séparé. J’étais seul et j’avais un peu de tunes, alors je me suis dit « si je ne vis pas mon rêve je ne le ferai jamais ». Et je me suis inscrit au Dakar», retrace-t-il.

Podium et carte de voeux

Alain Duclos est l’un des tous meilleurs Français sur le Dakar depuis des années. Après avoir terminé 7e (2006) puis 6e (2010), il rêve «de rentrer dans le top 5. Et même de mettre la moto sur le podium!». 11e au général avant l’étape Antofagasta-Iquique, ce vendredi, mais avec seulement 22 minutes de retard sur le 3e, il est toujours largement dans le coup pour monter sur la boîte à l’arrivée à Buenos Aires. Si c’est le cas, il saura sûrement quoi répondre à Raymond Loizeaux, qui lui a, comme chaque année, envoyé ses vœux début janvier.