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Basket: «La France ne doit pas considérer la victoire à l’Euro 2015 acquise», estime Alain Weisz, ex-sélectionneur des Bleus

Basket: «La France ne doit pas considérer la victoire à l’Euro 2015 acquise», estime Alain Weisz, ex-sélectionneur des Bleus

BASKETLes hommes de Vincent Collet tenteront de conserver leur titre continental dans un an…
Romain Baheux

Propos recueillis par Romain Baheux

Depuis un an, le basket français est sur son petit nuage. Champions d’Europe en 2013, médaillés mondiaux pour la première fois samedi, les Bleus auront le privilège de défendre leur titre continental à la maison en 2015 avec le renfort de Tony Parker. Un statut de favori que la France va devoir apprendre à gérer selon l’ancien sélectionneur tricolore Alain Weisz (2000-2003).

Comment les Bleus doivent aborder cette année avant l’Euro?

La France va se retrouver dans la même situation que l’Espagne à ce Mondial ou que le Brésil à la Coupe du monde de football. Les Bleus seront favoris avec tout un pays qui va attendre un sacre à la maison. Pour l'instant, ils n'ont pas eu à gérer cette pression. A l’Euro 2013, on ne savait pas trop ce que cette équipe était capable de faire et au Mondial, l’absence de Tony Parker permettait de se dédouaner. Là, il va falloir laisser Vincent Collet respirer. L'Euro 2015 ne doit pas être considéré comme acquis mais doit se construire dans les mois à venir. Le mot d’ordre sera l’humilité.

En l’absence de plusieurs cadres, des joueurs se sont affirmés au Mondial. Doivent-ils automatiquement laisser leur place l'an prochain?

Beaucoup de questions se posent. Est-ce que l'on va détruire la construction d’une équipe en faisant revenir un joueur comme Joakim Noah? Quand j’étais sélectionneur mon credo était de mettre les meilleurs en équipe de France, pas de récompenser des gentils garçons qui ont rendu des services. Une sélection, c’est la représentation d’un pays. Maintenant, il appartient à Vincent Collet de déterminer si des joueurs meilleurs sur le plan sportif mais moins motivés apportent autant que d’autres éléments.

Cette génération peut-elle rater les Jeux olympiques de 2016?

La qualification est difficile car les adversaires sont nombreux en Europe entre la Serbie, l’Espagne, la Lituanie… Les Bleus ont deux arguments: c’est d’organiser l’Euro (qualificatif pour les JO) et de bénéficier l’appui du public mais surtout d’avoir une équipe très forte.

On a souligné le rôle de Vincent Collet pendant ce Mondial. Est-il si important?

C'est le grand vainqueur de ce Mondial. A l’Euro, on avait résumé l’équipe de France à Tony Parker. Un an plus tard, on fait médaille de bronze au Mondial sans lui. Maintenant, le Vincent Collet de 2013 est le même que celui de 2014. Autant on lui attribue plus de choses qu’il n’en est réellement sur ce Mondial, autant on a minimisé son rôle l’an dernier. C’est un grand coach qui fait désormais partie des meilleurs mondiaux. Cette compétition lui permet d’être appréciée à sa juste valeur.

La France est-elle devenue un pays qui compte dans le basket mondial ces dernières années?

Je pense. Par ses résultats et par ses joueurs en NBA, elle montre qu'elle a une grande équipe et des éléments talentueux. Il manque une grande chose au basket français, c’est la réussite de ses clubs. Financièrement, nous n’avons pas les moyens de lutter avec les grandes équipes européennes. On peut toujours dire qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie mais c’est quand même ça qui fait la différence à un certain niveau.