Une femme utilisant un smartphone, le 20 avril 2016.
Une femme utilisant un smartphone, le 20 avril 2016. - Geert Vanden Wijngaert / AP

La démocratie numérisée. Une nouvelle application mobile belge entend révolutionner notre manière de voter. Elle s’appelle « Elegio », a été développée en Wallonie et permet de voter avec un smartphone quelle que soit la position géographique de son utilisateur. Donc potentiellement depuis votre canapé en pyjama, ce qui est quand même plus tentant que dans le gymnase malodorant de l’école à côté de chez vous. Celle-ci indiquerait les élections auxquelles le propriétaire du Smartphone peut participer et il n’y aurait plus qu’à cliquer. La carte SIM du téléphone serait utilisée comme une  carte d’identité électronique.

>> A lire aussi : Des journalistes ont (encore) pu voter plusieurs fois à la primaire de la gauche

Pour l’instant, ce type d’application pour voter depuis chez soi n’est pas autorisé en Belgique et encore moins en France. Depuis 2012, seul le vote électronique est autorisé aux Français vivant à l’étranger pour les législatives. Cette année pourtant, il a été suspendu sur décision du ministère des affaires étrangères, en raison du niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaques. À ce même titre, une application pour voter serait risquée. Au-delà du problème évident qui se poserait en cas de vol du portable, d’autres risques apparaissent.

Fraude, piratage et manipulation

« Cela reste de l‘informatique. Cela peut donc être manipulé, piraté ou victime de fraude », énumère Damien Bancal, expert en cybersécurité, interviewé par 20 Minutes. Pour lui, « la démocratie doit rester dans un domaine où l’humain peut intervenir physiquement. Les gens doivent être présents, voir leur bulletin tomber dans l’urne, savoir que d’autres vont les recompter. » L’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques ayant recommandé l’annulation du vote électronique pour les législatives cette année, l’application pour voter depuis chez soi avec son téléphone ne sera donc pas pour demain.

Mots-clés :