Drones en salles: Accrochez vos ceintures, le pilotage « indoor » met les gaz

DRONES Les premières salles de pilotage de drones fleurissent dans l’Hexagone. Pour apprendre sans contrainte, se perfectionner ou s’amuser, elles risquent de faire émerger de nouvelles disciplines sportives…

Christophe Séfrin

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Les cours de pilotage de drones en salles se développent en France.

Les cours de pilotage de drones en salles se développent en France. — CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Ça décolle. Les premières salles de pilotage de drones prennent leur envol en France. DroneIndoor à Paris ; Droneez à l’Urban Soccer Paris La Défense ; DrobotX à Bordeaux ; SpaceDroner près de Toulouse… en attendant Drones Park à Dunkerque. « Je travaillais dans un centre de formation pour apprendre à piloter des drones professionnels et me suis dit que ce serait intéressant d’apprendre le pilotage au plus grand nombre », explique Henri Garih, fondateur de SpaceDroner. Conséquence : après avoir réaménagé un ancien hangar de 1500 m2 jadis dédié au foot en salle, Henri Garih a ouvert son centre de loisirs consacré aux drones, à la réalité virtuelle et aux voitures radiocommandées en octobre dernier.

 

« Cela bouillonne dans le monde du drone en salle, tout le monde s’y met », constate Sabri El Fani cofondateur de Droneez. Tous les dimanches à l’Urban Soccer La Défense, Droneez propose ainsi des imitations au pilotage. « Monsieur Tout-le-monde peut venir s’initier durant des séances d’une heure. Les enfants sont évidemment les bienvenus », indique Sabri El Fani.

S’initier en toute sécurité

Face à une législation très rigoureuse, au manque de sites dédiés pour piloter un drone en ville, et à des conditions météo pas toujours favorables, ces espaces clos et sécurisés font du sens. D’autant que les encadrants disposent généralement du brevet théorique ULM pour assurer la formation des apprentis pilotes. Rassurant pour le public qui peut ainsi s’initier au pilotage de multi-rotors en toute sécurité.

Des petits drones peu fragiles sont généralement utilisés pour les initiations
Des petits drones peu fragiles sont généralement utilisés pour les initiations - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

 

« Il n’y a pas de raison pour que ces salles de pilotage ne se développent pas. Elles constituent une vraie réponse à différentes problématiques autour des drones », note Eric Dupin, fondateur de Dronestagram.

Du jeune geek au papi pilote

« Au début, on s’attendait à ne voir que des personnes qui avaient acheté un drone et qui manquaient d’assurance avec leur machine. Or, notre clientèle est plus variée. Elle va du jeune un peu geek qui veut découvrir l’univers des drones, au possesseur d’appareil désireux de s’entraîner dans une volière (une salle avec filets de protection, NDLR). Sans oublier les adultes fascinés par les engins volants… », note Thomas Coeurdray, chef de projet de Droneindoor qui a ouvert en juillet à Paris.

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Selon les salles, les sessions s’effectuent avec des drones plus ou moins évolués. Car si l’on peut généralement venir avec son propre appareil, des quadricoptères sont toujours fournis. Droneez fait décoller des mini-drones ultrarésistants de la marque JJRC. Certains modèles sont même capables de procurer des émois avec leur casque de réalité virtuelle pour piloter en mode FPV ou First Person View (l’utilisateur voit dans son casque ce que filme la caméra du drone).

 

Space Droner propose des drones Mario Copter de la marque Carrera pour les débutants. Les pilotes émérites pourront tester leurs aptitudes avec des drones de combat faits maison et imprimés en 3D. « L’avantage, c’est que même les gens de 70 ans qui nous rendront visite auront 12 ans ! », s’enthousiasme Henri Garih.

Un truc « un peu poétique et lyrique »

Combien l’initiation ? A partir de 15 euros la session de 20 minutes à 60 minutes environ avec un encadrant, ce qui est franchement abordable. « Mais un drone enfermé, c’est un peu comme un lion en cage, regrette Eric Dupin. Aussi intéressantes soient-elles, ces salles ne permettent de mettre en valeur que le pilotage. Je suis un fervent défenseur des belles images que peuvent immortaliser les drones, elles correspondent à un truc un peu poétique et lyrique que je défends bec et ongles », martèle le fondateur de Dronestragram dont l’ouvrage Photographier le monde avec un drone (Chêne éditeur) est attendu en librairie le 22 mars. Néanmoins, certaines salles, comme SpaceDroner, dispensent des formations en prise de vue et montage vidéo. Et les créateurs de salles de pilotage pour drones imaginent leur concept se développer en France, avec l’organisation de courses de drones indoor, des fédérations, des leagues, comme avec le Paris Drone Festival… Certains voient ainsi dans le drone racing l’émergence d’une vraie discipline à mi-chemin entre la Formule 1 et le eSport.

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