VIDEO. Disco: On a testé l’aile volante de Parrot (sans nous crasher)

DRONE En attendant le premier drone de GoPro, qui devrait être annoncé cette semaine, nous avons joué avec Disco, l’aile volante de Parrot. Embarquement immédiat…

Christophe Séfrin

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L'aile volante Disco de Parrot a été conçue pour un usage grand public.
L'aile volante Disco de Parrot a été conçue pour un usage grand public. — CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Up in the sky. Disponible depuis quelques jours, l’aile Disco de Parrot inaugure une nouvelle race de d’objets volants. Si l’on parle bien ici de drone de loisir, rien à voir avec un quadricoptère, comme le Bebop 2 du constructeur français, que nous avions essayé. Cette fois, place à ce qui ressemble à un petit avion. Certes dédié au grand public, il ne peut être utilisé que dans un contexte très précis. Nous l’avons découvert… en nous faisant un peu peur, manette de contrôle en main.

Le bruit d’un gros bourdon

Il y a tout dans la grosse boîte de l’aile volante Disco : le drone en trois morceaux qu’il suffit d’assembler, une manette Skycontroller, une tonne d’accessoires ainsi que le Cockpitglasses, le casque de réalité virtuelle de Parrot que l’on peut ou non utiliser en y glissant son smartphone. 1299 euros le gros joujou, tout de même. Disco s’assemble en deux temps, trois mouvements. Il suffit d’emboîter les ailes en polypropylène expansé de chaque côté de la « carlingue ». Une fois la batterie logée sous le petit capot central, l’ensemble ne pèse que 750 grammes.

Le décollage de Disco s'effectue très simplement, sans risque de se
Le décollage de Disco s'effectue très simplement, sans risque de se - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

 

Après quelques réglages de base, comme l’appairage de Disco avec sa manette, on peut commencer à s’amuser. Pour prendre son envol, il faut tenir la commande d’une main et l’appareil de l’autre. Attention, il est nécessaire de le tenir depuis l’avant d’une des deux ailes (comme sur la photo ci-dessus), et non depuis l’arrière : la seule hélice du drone, non protégée, pourrait faire des dégâts. Une pression sur la touche dédiée et l’hélice se met à vrombir. D’abord doucement, puis à plein régime. Le bruit d’un gros bourdon. Il n’y a plus qu’à faire comme sur les vidéos qui fourmillent sur le net : lancer Disco en direction du ciel. Voilà qui rappelle le Discobole, la célèbre statue antique. Où l’on comprend que Disco n’est finalement pas un hommage aux Bee Gees…

>> A lire aussi : VIDEO. Bebop 2: Notre vol d'essai avec le nouveau drone de Parrot

Le risque de se crasher

Aussitôt, l’aile volante part à l’assaut des cieux. Sans aucune manipulation, elle grimpe jusqu’à 50 mètres d’altitude puis décrit un large cercle. On pourrait ainsi l’observer longtemps, mais c’est là que l’humain est invité à reprendre le contrôle de la machine. Précision : pour tester Disco, nous nous sommes rendus sur un terrain de polo (275 m de long pour 145 m de large) en banlieue parisienne. Car oui, pour faire voler Disco, il faut disposer d’une aire de jeu conséquente. Constat néanmoins : piloter l’aile volante est à la portée de tous. Il suffit d’utiliser le joystick droit de la manette pour faire tourner, monter et descendre Disco, le joystick gauche pour en moduler la vitesse de vol. Si l’on a tôt fait de se prendre pour un pilote émérite tant la simplicité est de mise, la prudence s’impose. Un peu grisés par notre jouet, nous avons failli nous crasher au bout de quelques minutes sur des écuries proches de notre piste d’entraînement. A 80 km/h (la vitesse maximale de l’engin), on peut frôler la catastrophe. Ni une ni deux : même à plusieurs centaines de mètres, une simple manipulation permet d’instantanément reprendre de l’altitude.

Le Wifi servant à la transmission est excellent et la réactivité immédiate. Pour les débutants, il est conseillé d’imposer une distance limite de vol. Si, sur le papier, l’aile peut s’enfuir jusqu’à 2 km (et 150 m de haut), l’application Free Flight Pro permet d’en limiter la distance jusqu’à 300 mètres, par exemple. Une fois atteinte, le drone fera demi-tour, comme s’il se heurtait à une cage de verre.

La photo et la vidéo au second plan

On l’oublie un peu dans l’excitation : Disco embarque une caméra Full HD. Un second vol avec smartphone greffé sur le Skycontroler permet à s’initier à la prise de vues depuis l’aile volante. Celle-ci n’a rien à voir avec celle d’un quadricoptère. Ici, le vol stationnaire est techniquement impossible. On ne pourra donc pas envisager de prendre des photos parfaitement cadrées, mais plutôt des vues d’ensemble qui auront sans doute un peu moins d’intérêt et qui risquent de toutes se ressembler. Idem en vidéo : à part des travellings impressionnants (et ce n’est déjà pas si mal !), difficile de véritablement suivre une personne en mouvement.

Sous la sonde Pitot de Disco, un objectif filmant en Full HD.
Sous la sonde Pitot de Disco, un objectif filmant en Full HD. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

 

On peut cependant faire confiance aux futurs utilisateurs pour faire preuve d’imagination en la matière. Reste qu’il est un peut perturbant d’essayer de suivre le vol de son drone sur l’écran du smartphone attelé à la manette. D’autant que les reflets du ciel limitent tragiquement la visibilité. La frousse d’en perdre le contrôle ne nous lâche pas.

Un mode FPV parfois déconcertant

Ce sentiment est exacerbé lors d’un troisième vol, cette fois en mode FPV (en vue à la première personne), à l’aide du casque de réalité virtuelle fourni.

Un petit logement dans lequel on place son smartphone pourra être inséré dans le casque de réalité virtuelle fourni.
Un petit logement dans lequel on place son smartphone pourra être inséré dans le casque de réalité virtuelle fourni. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

 

Les images en direct sur l’écran du smartphone greffé devant nos yeux (un Samsung Galaxy S6) sont affichées en 720p et proposent des informations en surimpression : hauteur, vitesse et distance. Très pixélisées (une constante dans ce type d’application), elles sont bien loin de la qualité lissée affichée par Parrot dans sa vidéo promotionnelle…

 

Un sentiment peu rassurant – le syndrome du débutant sans doute —, nous pousse à ne pas persévérer. A nos côtés, un confrère qui supporte mal la réalité virtuelle a déjà lâché prise, incommodé.

Le pilotage en fpv (vue à la première personne) demande un certain entraînement...
Le pilotage en fpv (vue à la première personne) demande un certain entraînement... - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

 

L’heure de se poser a sonné. PNC, à vos postes ! Pour réussir son atterrissage, il faut placer Disco face au vent, descendre jusqu’à 5 mètres au-dessus du sol et se ménager une piste de 50 m de longueur environ. Une pression sur le bouton qui avait servi au décollage et Disco se pose sans bobo. Un atterrissage moins pro avec aile volante achevant sa course à l’envers ne l’a pas endommagée.

Sentiment général ? Disco est un sacré concentré de technologie, pensé et calibré pour un usage grand public. A tel point que sa facilité d’utilisation déconcertante risque peut-être de frustrer les passionnés d’aéromodélisme qui trouveront la blague un peu facile. Après avoir bourse déliée, les béotiens, eux, disposent d’un super-joujou qu’ils apprendront vite à maîtriser et pour lequel il restera impératif de disposer d’une aire de vol XXXL… et désertique. Législation oblige, il est interdit en effet de survoler des habitations ou des personnes avec ce type d’appareil. Nul doute qu’à l’heure de prochains sports d’hiver, les amateurs de glisse devraient nous rapporter de sacrées images de leur paradis blanc. Plus difficile en revanche de filmer des plages désertiques en plein hiver… On verra ce que nous annoncera GoPro dans les prochaines heures, le drone de la firme aux caméras d’action devant être (enfin !) dévoilé cette semaine. Reste avec Disco un sentiment grisant, l’impression de retrouver en quelques minutes son âme d’enfant. L’effet « Waouh » a trouvé un nouveau terrain de jeu.