VIDEO. Paris Drone Festival: Une course de drones à toute vitesse sur les Champs-Elysées

HIGH-TECH Huit pilotes, parmi les meilleurs mondiaux, assureront le spectacle. Julien Leteve sera sur la grille de départ et il le promet « c’est 1.000 fois mieux qu’un jeu vidéo »…

Fabrice Pouliquen

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Julien Leteve, pilote francilien de drone, à l'entrainement mercredi 31 août au club d'aéromodélisme de Saint-Mard (77).

Julien Leteve, pilote francilien de drone, à l'entrainement mercredi 31 août au club d'aéromodélisme de Saint-Mard (77). — F. Pouliquen / 20 Minutes

Des bolides de 400 grammes seulement, capables d'aller à 130 km/h, dans une course sur la plus belle avenue du monde. Sans guère de doute, la course de FPV Racing sera le temps fort du Paris Drone festival, qui investira dimanche les Champs-Elysées pour promouvoir les différents usages du drone.

1.000 fois mieux qu’un jeu vidéo

FPV, c’est pour First personal view. « Pour faire simple, dans ces courses, le pilote est en immersion, raconte Julien Leteve, l’un des meilleurs pilotes français de la discipline qui nous a reçus à l’entraînement sur la base d’aéromodélisme de Saint-Mard (Seine-et-Marne). Le drone est équipé d’un système de transmission de vidéo et d’une petite caméra. Le tout est réceptionné dans les lunettes que porte le pilote. Autrement dit, on est comme au volant. »

Et ça, assure Julien Leteve, «c’est 1.000 fois mieux qu’un jeu-vidéo». A regarder aussi, cela vaut le coup, d’autant que deux écrans géants permettront de suivre au plus près les drones dans leurs figures. Car, dans le FPV Racing, il n’est pas seulement question de mettre les gaz en ligne droite. « Les circuits sont parsemés de portes qu’il faut franchir au ras du sol ou dans les airs, et de drapeaux qu’il faut contourner dans un sens précis », décrit Julien. Généralement, les courses n’excèdent pas trois tours, les batteries de ces petites machines n’ayant pas l’autonomie suffisante pour faire plus.

Une course de Formule 1

Sinon, tout se passe comme pour une course de Formule 1. Cela commence par des essais libres, le seul moment où les pilotes peuvent découvrir le circuit. Puis viennent les phases de qualification et enfin les manches. Pour cette première sur les Champs-Elysées, l’ERSA (European rotor sport association), organisateur de la course pour le Paris Drone Festival, ne se calquera pas tout à fait sur le format d’une course officielle de FPV Racing. Pour des raisons de sécurité déjà. « Les drones évolueront dimanche sur un circuit court et sous un filet, L’Elysée étant à deux pas, indique Geoffray Silvain, organisateur du festival. Et puis, pour cette première édition, nous voulions plus une course d’exhibition, l’idée étant de donner un aperçu de ce sport au grand public. »

L’ERSA prévoit toutefois 3h30 de courses et réunira huit pilotes parmi les meilleurs mondiaux. Dont l’étonnant Luke Bannister, 15 ans, vainqueur du World Drone Prix de Dubaï en février, ce qui lui avait permis d’empocher un chèque de 250.000 dollars. Julien Leteve y était et prévient tout de suite : « Dubaï, c’était une exception, l’émir voulait tout simplement la plus belle course. Les cachets sont sinon peut-être un peu plus élevés en Asie et aux Etats-Unis, mais la France n’est pas en retard sur les courses de drones. »

A quand une grande étape à Paris ?

Bien au contraire, assure Richard Vinuesa, directeur des compétitions à l’ERSA. « La première course internationale a eu lieu à Chartres en juin 2015. Et la grande majorité des innovations sur les drones se font en Europe. Principalement en France. »

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Mais une grande étape de FPV Racing à Paris pourrait toutefois donner plus de visibilité à ce sport émergeant. Richard Vinuesa en rêve, si possible même dès 2017. « La Fédération aéronautique internationale veut réunir les ligues asiatiques, américaines et européennes pour constituer une « World League », raconte-t-il. Cela devrait laisser la place à cinq étapes en Europe. Une à Paris serait géniale. »

« D’abord créer des zones où faire voler son drone »

Pour Geoffray Silvain, il y a une autre priorité : « Créer des espaces où les vols de drones seront autorisés. C’est tout le paradoxe aujourd’hui. De plus en plus de personnes achètent un drone et découvrent après coup que la pratique loisir est interdite. »

Justement, la mairie de Paris dit travailler, avec la préfecture de police de Paris, à la création de zones autorisées dans la capitale. Des annonces devront être faites ce dimanche. Il s’agirait d’ouvrir un espace indoor à la Villette et créer une zone en extérieur à l’hippodrome de Longchamp.