Marissa Mayer quitte Yahoo!: Les raisons de la chute d'une icône de la Silicon Valley

INTERNET « Il n'y avait peut-être personne pour sauver Yahoo!», même pas Marissa Mayer...

V. J.

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La PDG de Yahoo!, Marissa Mayer, le 7 janvier 2014 au CES de Las Vegas

La PDG de Yahoo!, Marissa Mayer, le 7 janvier 2014 au CES de Las Vegas — Julie Jacobson/AP/SIPA

Cette fois, c’est la fin. Pour Yahoo ! et pour sa PDG Marissa Mayer. Lorsque la vente du cœur de métier de l’ancien géant d’Internet à l’opérateur de télécoms Verizon sera finalisée, à hauteur de 4,8 milliards de dollars, une nouvelle entreprise naîtra, Altaba, son conseil d’administration passera de onze à cinq membres, et Marissa Mayer partira.

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Le dernier chapitre d’un feuilleton, débutée comme une success story pour se terminer en mission impossible. Lorsqu’en juilllet 2012, Marissa Mayer, 37 ans dont 13 chez Google, devient la numéro 1, elle est présentée comme une surdouée, une workaholic,la femme la plus puissante de la Silicon Valley. S’il existe une personne dans le world wide (web) pour sauver Yahoo !, c’est elle. Car le groupe pionnier des Internets va mal, la faute aux Google et Facebook.

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L’impossible croissance

En l’an 2000, Yahoo ! valait 128 milliards de dollars. Et douze ans plus tard ? A peine 20 milliards. La première mission de Marissa était donc de sortir du rouge et de retrouver la croissance. Ce qui n’arrivera jamais. Pourtant, en 2015 par exemple, le chiffre d’affaires est en hausse de 7,6 %, à presque 5 milliards de dollars, mais une fois déduits les revenus reversés à des partenaires, il se révèle en recul.

Trop de rachats

Dépenser sans compter. Trois milliards de dollars, c’est la somme que la « golden girl » a lâchée pour s’offrir une trentaine de start-ups, à même d’assurer l’avenir de Yahoo ! Aucune ne donnera le change, surtout pas Tumblr, offert pour 1,1 milliards et évalué aujourd’hui pour à peine 230 millions. En revanche, Yahoo ! n’a pas réussi à réinvestir le champ de la vidéo, une de ses priorités, avec les acquisitions avortées de Dailymotion ou Hulu.

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Le plan de la dernière chance

Conséquence, le groupe a été obligé de mettre en place un plan de la dernière chance, avec suppression de 15 % de ses effectifs, fermeture de nombreux bureaux à travers le monde, arrêt de certaines activités et focus sur trois de ses plateformes : Yahoo Search, Yahoo Mail et Tumblr. L’idée était d’économiser 400 millions, mais cela ne suffira pas.

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Piratages monstres

Coup de grâce, Yahoo ! a vu son image de marque se dégrader au fil des années, des concurrents (Facebook, Google…) et des scandales. En septembre dernier, l’entreprise annonce qu’elle a été victime d’un pirate fin 2014. 500 millions de comptes utilisateurs sont concernés. Trois mois plus tard, rebelotte et pire : « Yahoo pense qu’une tierce partie non autorisée a volé, en août 2013, des données liées à plus d’un milliard de comptes. » Soit le plus gros vol de données utilisateurs de l’histoire.

Le bad buzz intervient en pleines négociations entre Yahoo ! et son acheteur Verizon. Ce dernier aurait demandé alors « une ristourne ». Quant à Marissa Mayer, Nicholas Carlson, auteur de Marissa Mayer and the Fight To Save Yahoo !, tempère son échec : « Sauver Yahoo ? Il n’y avait peut-être personne pour le faire. »

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