Parfois, Bernard-Henri Lévy (BHL) oublie de boutonner sa chemise blanche jusqu’en haut. Parfois, le romancier et philosophe oublie aussi de créditer le travail des photographes dont il se sert pour alimenter son compte Instagram le montrant en train de couvrir les conflits aux quatre coins de la planète.

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Ce mercredi, le réalisateur de Peshmerga a été contraint d’ajouter, en légende, le nom d’un photographe de l’Agence France Presse (AFP) après avoir publié une de ses photos montrant une petite fille « aux abords de Mossoul (Irak) » dont il n’avait, dans un premier temps, pas précisé le crédit.

« C’est Grégoire Lemarchand, qui s’occupe des réseaux sociaux chez nous, qui l’a remarquée, explique à 20 Minutes, Stéphane Arnaud, rédacteur en chef au service Photo de l’AFP. Il a donc signalé, mardi soir, l’affaire sur Twitter. Et ce matin, le crédit avait été ajouté. »

Capture du compte Instagram de BHL.
Capture du compte Instagram de BHL. - BHL / INSTAGRAM

Un compte à 381 clichés et 39.100 followers

La pratique est connue dans le monde de la presse. Quand on se sert du travail d’un confrère pour illustrer une réalité, on cite son nom. Sous la photo illustrant cet article, vous pouvez par exemple lire la mention DUCLOS (le nom du photographe) et SIPA (son agence). Dans le cas de l’Agence France Presse comme dans celui de Sipa, ce service est même payant. Globe-trotter controversé et homme de médias par-dessus tout, Bernard-Henri Lévy le sait très bien.

« Sauf que ce n’est pas lui, qui gère son compte Instagram mais plutôt ses équipes, poursuit Stéphane Arnaud. Tout le monde ne connaît pas les règles. Et ce genre d’oubli arrive de temps en temps. Le problème, c’est que BHL est une personnalité publique… » Et que son compte, ouvert il y a dix-huit mois environ, est aujourd’hui suivi par 39.100 abonnés.

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La majorité des 386 clichés publiés montrent le philosophe sur le terrain. A la tribune de l’ONU pour parler « de la montée de l’antisémitisme ». En train de « commémorer la révolution du Maidan » à Kiev. Et bien sûr avec les Peshmergas sur lesquels il a fait un film. De quoi entretenir l’image d’un BHL parcourant le globe pour promouvoir la paix et dénoncer les injustices.

« 20 Minutes » remonte le fil

A ceci près, donc, que certains clichés n’ont pas été pris par lui ou ses équipes mais bien par des professionnels. Alerté sur le cas de la photo prise « aux abords de Mossoul », 20 Minutes a décidé de remonter une partie de son fil Instagram pour vérifier les clichés. Il en résulte qu’au moins trois photos ont été « empruntées » à des agences de presse sans leur consentement. La preuve en images…

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Bob Geldof, á Londres, sur la Tamise, interpellant le leader populiste, xénophobe et pro-Brexit Nigel Farage: "escroc!"

A photo posted by Bernard-Henri Lévy (@bernardhenrilevy) on

La photo provient en réalité de l’agence Getty comme le montre cet article du journal The Spectator. « C'est même une photo de l'AFP (du photographe Ben Stansall exactement), précise Grégoire Lemarchand. Getty est l'agence qui distribue nos clichés aux USA et en Grande Bretagne... » 

  • Le 9 juin, le philosophe condamne, avec ses mots, un attentat commis à Tel Aviv (Israël).

Le cliché a été pris par Baz Retner de l’agence Reuters comme l’illustre l’article de L’Express sur le sujet.

Elle est, en fait, extraite d’une série de photos prises le 18 avril 2015, par Sia Kambou, un photographe travaillant pour l’Agence France Presse sur le classement à l’Unesco de cette ville ivoirienne.

La photo de Grand Bassam (Côte d'Ivoire) originale prise par Sia Kambou.
La photo de Grand Bassam (Côte d'Ivoire) originale prise par Sia Kambou. - SIA KAMBOU / AFP

Contactée par 20 Minutes, Liliane Lazar, l’éditrice qui se présente comme la personne chargée de gérer les réseaux sociaux de Bernard-Henri Lévy n’a pas répondu à nos sollicitations.