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Ils ne sont que 70 en France à exercer le métier

Archetier : ce métier rare consiste à fabriquer les archets des musiciens

Crins de génie•En France, environ 70 artisans fabriquent, réparent et restaurent les archets des violonistes, violoncellistes ou contrebassistes, avec un savoir-faire reconnu jusqu’à l’étranger
20 Minutes avec agences

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L'essentiel

  • Environ 70 archetiers en France fabriquent, réparent et restaurent les archets des instruments à cordes.
  • Chaque archet sur mesure demande au moins 80 heures de travail minutieux.
  • On se forme surtout en atelier auprès d’un maître archetier ou par un CAP de lutherie, notamment à Mirecourt.

Les archetiers et archetières fabriquent, réparent et restaurent les archets. Ces baguettes de bois, sur lesquelles sont tendus des crins, produisent les sons désirés une fois frottées sur les cordes des violons, altos, violes de gambe, violoncelles ou contrebasses.

Leur métier, qui relève de l’artisanat d’art, est « de plus en plus rare en France », souligne l’Onisep. On compte environ 70 professionnels dans le pays. Parmi eux, une dizaine fabrique des archets baroques. Et moins de cinq maîtrisent à la fois l’archèterie et la lutherie.

Au moins 80 heures pour un seul archet

Fabriquer un archet demande au minimum 80 heures de travail. L’objet se compose de quatre parties : la tête, la baguette, la mèche et la poignée. Chacune réclame une extrême précision. Et le travail ne s’arrête pas à la fabrication : l’archetier entretient et restaure aussi chacune de ces pièces.

Autrefois, les artisans travaillaient des matières nobles, rares et coûteuses : bois de pernambouc, ébène, nacre, ivoire fossilisé de mammouth ou écaille de tortue. De quoi faire grimper la note jusqu’à 4 000 euros pour un archet de très haute qualité. Aujourd’hui, place au carbone, à la galalithe, un plastique qui ressemble à l’ivoire, ou à des bois exotiques disponibles en quantité et non soumis à des restrictions commerciales.

Chaque archet est fait sur mesure, adapté au jeu de l’instrumentiste. Portés par la réputation du savoir-faire français, ces artisans répondent à des commandes venues de France comme de l’étranger, de musiciens ou de maisons de lutherie.

Une formation qui passe par l’atelier

Un CAP ouvrier archetier existe, mais il n’est pas accessible par la voie scolaire. On peut donc se former dans l’atelier d’un maître archetier. Autre porte d’entrée, après la 3e : le CAP assistant luthier du quatuor. Il est proposé dans trois établissements en France, dont la célèbre École nationale de lutherie de Mirecourt, dans les Vosges, berceau de la lutherie et de l’archèterie françaises. Le CAP reste le niveau minimum pour accéder au métier.

Une fois formé, l’archetier peut travailler comme salarié, employé par un luthier ou une luthière. Il peut aussi s’installer comme artisan, à son compte, mais après au moins cinq ans d’expérience.

Côté profil, le métier s’adresse à celles et ceux qui aiment travailler de leurs mains, réparer et bricoler, et qui rêvent d’une activité artistique. Une bonne culture musicale et une vraie sensibilité artistique sont attendues. Rigueur, méthode, minutie et maîtrise du dessin sont indispensables. La patience aussi : avec 80 heures par archet, mieux vaut ne pas jouer les pressés.

Ceux que cet univers attire peuvent aussi regarder du côté de métiers voisins, comme luthier, facteur d’instruments ou ébéniste.