20 Minutes avec AFP
Le monde demeure vulnérable face aux menaces de l’informatique quantique, a averti, mercredi, Alessandro Curioni, vice-président d’IBM Europe et Afrique. Car celle-ci est capable de briser certains chiffrements et de provoquer des piratages massifs. « Si on regarde à l’échelle mondiale, combien d’organisations sont résistantes au quantique ? Je dirais moins de 10 % aujourd’hui », a affirmé le directeur du laboratoire IBM de Zurich lors d’une conférence à Londres.
Alors que les piratages explosent au niveau mondial, ces menaces s’ajoutent aux dérives de l’intelligence artificielle qui simplifie les cyberattaques. Pionnier du secteur face à Microsoft et Google, le groupe américain ambitionne de concevoir d’ici 2029 un ordinateur quantique fiable pour réaliser des calculs inaccessibles aux machines classiques.
Un danger jugé imminent
En exploitant les lois de la physique quantique, ces technologies promettent de concevoir de futurs médicaments ou matériaux. Mais ils menacent aussi la protection de nos communications. Alessandro Curioni redoute ainsi un impact sur « Internet, les blockchains, les banques, les contrats financiers, les signatures numériques ». D’abord, des cybercriminels vont peut-être attaquer « les institutions financières, puis l’industrie, ensuite les banques, et puis, peut-être le contrat de votre maison », liste-t-il.
Même si les machines actuelles manquent de puissance et que l’échéance reste floue, le danger est imminent : « Le plus grand risque pour nous est en réalité que les données ont probablement déjà été récoltées », prévient David Debnam, responsable chez l’assureur Aviva. Stockées, ces informations seront déchiffrées une fois la puissance requise atteinte.
Les dernières infos sur l'Intelligence artificielleLe Royaume-Uni préconise une transition vers une cryptographie post-quantique d’ici 2035. Les Etats-Unis, la Chine et la France investissent massivement cette filière, qui pourrait générer 2.700 milliards de dollars de valeur économique d’ici 2035 selon McKinsey. Pour Alessandro Curioni, le potentiel sera décuplé en associant le quantique à l’IA pour « simuler des problèmes qui étaient jusqu’ici trop complexes d’un point de vue physique ».